4 mai 2017

#JeudiAutoEdition - Qui sont ces auteurs ? #28



Le #JeudiAutoEdition est un rendez-vous que je suis de très près depuis un petit moment et n'ayant pas toujours une lecture sous la main, je préfère mettre en avant un ou une auteur(e) auto-édité(e), ce qui, je l'espère, vous permettra de le ou la connaître un peu plus et pourquoi pas, la curiosité fera le reste ... 





Cette semaine, c'est au tour de Marilyne Walker


Pour commencer, pouvez-vous nous faire une petite présentation rapide pour ceux et celles qui ne vous connaissent pas encore ? (D'où vous venez, les études faites, etc.)


Je suis née en Franche Comté, mais je n’y suis pas restée longtemps. Je me rappelle encore avec émotion du nom de la rue du grand bâtiment en béton où je n’ai passé que quelques années – avec les gamins du coin, on l’appelait ‘le bloc’. Mes parents, qui ont deux nationalités différentes, étaient très jeunes quand ils m’ont eue ; ils n’ont pas hésité à déménager répétitivement, au fil de leurs opportunités de travail, avec bébé-moi dans leur sillon. Ainsi, j’ai grandi un peu partout.
Leur gène du voyage s’est propagé : à mon tour, j’ai quitté la France pour finir mes études supérieures de commerce en Angleterre. J’ai commencé à travailler en informatique en Hollande et je suis rapidement devenue freelance. Alors, tout s’est accéléré : je suis partie m’installer en Australie, puis aux Etats-Unis, profitant de chaque moment entre deux contrats pour voyager. Je ne suis revenue en France qu’il y a deux ans, après 17 ans d’absence.



Quel est votre univers livresque ?


C’est, justement, l’Univers !!! Cosmogonies est une œuvre de science-fiction, qui est une cosmogonie ‘moderne’ : une théorie sur la genèse, non pas de notre monde, mais de tous les mondes. Et si la création de la vie suivait le même patron, partout dans l’Univers ? Et si notre conscience, notre capacité à choisir, que nous prenons tous pour un acquis, était le fruit d’une entité externe, tellement évidente dans nos vies, que nous ne pourrions jamais nous douter de son rôle primordial… ?
Mon univers livresque est un univers riche de nombreux mondes, d’intrigues qui traversent plusieurs civilisations… Pour nous ramener à la définition même de ce qu’est un ‘être humain’. J'ai voulu ramener l’emphase sur des valeurs qui me paraissent primordiales : l’empathie et la prise de responsabilité pour chacun de nos actes. [Je parle un peu plus de l'importance de ces valeurs dans mon article : 'le Noël de Cosmogonies', qui est mon bilan de l'année 2016].



Qui vous a donné l'envie d'écrire à votre tour ? Quel est votre objectif lorsque vous écrivez ? (Donner du plaisir, vous évader, faire partager, etc.)



Ah ! Cette question me fait sourire ; un sourire de gratitude heureuse, adressée aux auteurs phénoménaux qui m’ont inspirée tout au long de ma vie. Barjavel, le rêveur de mondes, tellement humaniste… Asimov, l’avant-gardiste froid, qui cherche à faire réfléchir… Philip D. Dick, paranoïaque et dépressif, pourtant tellement dans le vrai… Frank Herbert, décalé, dangereux, et pourtant délicieux… Ray Bradbury, pionnier, dans l’esprit et dans le verbe, et tellement, tellement d’autres ! Ces auteurs m’ont inspirée, par leur capacité à imaginer des univers entiers ; ils m'ont donné le courage de me lancer dans l’écriture de Cosmogonies. Imaginer plusieurs mondes, les civilisations qui les peuplent et les lois qui les gouvernent, c’est une tâche gargantuesque, qui peut même être paralysante, par la simple immensité de ses implications.
Ces histoires, qui ont bercé mon enfance nomade, m’ont soutenue dans les moments les plus difficiles, car elles m’ont permis de rêver. D’imaginer des alternatives. De réfléchir au sempiternel ‘Et si… ?’. C’est exactement ce que je cherche à reproduire, à travers mes récits. Je veux transporter le lecteur dans un ‘ailleurs’, qui nous permette de nous retrouver, nous tous, humains, sur le même pied – à travers notre visite fortuite dans un endroit décalé, un endroit vierge de préjugés, un endroit neutre. Dès lors, il devient possible de réfléchir, ensemble, sans tabous ni prédispositions culturelles, aux questions les plus fondamentales de l’humanité : qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? [Mon article : 'Dis-moi d'où tu viens et je te dirai qui tu peux être' , publié à l’occasion de la sortie de Cosmogonies, détaille ces idées-clé, sous-jacentes au livre]



Comment s'est déroulé l'écriture du roman (ou des romans) ?


L’écriture de Cosmogonies a été une joie intense et un travail immense, entrecoupé de longues périodes d'arrêt : 6 ans pleins ont été nécessaires à sa venue au monde. La naissance du roman et sa progression dans le temps sont intimement liées à des évènements personnels marquants. [Je les relate dans une série de billets : un drôle de voyage, l'Autre Monde, et le serment]. La publication de Cosmogonies a été une étape vraiment très importante pour moi.
En général, mon processus d’écriture est fluide et rapide, c’est-à-dire que quand j’écris, je ne fais que ça, j’écris intensément. Malheureusement, je passe parfois aussi des périodes assez longues sans avoir le temps d'écrire une ligne : je travaille beaucoup, et, à part l’écriture, je nourris deux autres passions. La première, c’est la poursuite des éclipses solaires, qui m’a amenée à traverser le globe en long et en large - pas facile d’écrire quand on campe dans des conditions très précaires, entre deux cyclones, ou au milieu du désert. La seconde, c’est la musique électronique, qui m’a transportée un peu partout, au rythme saccadé d’une multitude de festivals.
Ce manque de temps présente une difficulté évidente, mais je l’accepte volontiers comme l’effet collatéral inévitable d’un tumulte chaotique qui, lui, abreuve abondamment mon processus de création : mes expériences personnelles enrichissent mes écrits et me rendent plus audacieuse, plus confiante.



Vous imposez-vous un rythme d'écriture ou écrivez-vous quand l'inspiration est là ?


J’écris quand je ne peux plus m’en empêcher. Je suis déjà allée (plusieurs fois !) jusqu’à quitter mon travail, à cause d’un besoin d’écrire dévorant qui prenait toute la place. Il m’est impossible, au jour d’aujourd’hui, d’instiguer une routine qui me permettrait une approche à l'écriture plus posée, plus équilibrée.


Pourquoi avoir choisi l'auto-édition ?


Ah, c'est une question que l’on me pose souvent ! Pour moi, l’autoédition est une option tellement, tellement plus gratifiante que l’édition ‘traditionnelle’, que j’apparente aujourd’hui, avec du recul, à une forme d’esclavage ; à un système de caste arriéré et sans fondement, qui est d’ailleurs au bord de l’abîme. [Je raconte mon vécu avec l'édition traditionnelle en détail dans cet article : l’envoi du manuscrit].
Ma réponse en deux mots : RESPECT et LIBERTE.
En entrant dans le monde de l’autoédition, j’ai découvert un univers bourré de talent, d’entraide et de vraie passion, qui a aiguisé et qui continue d’alimenter en moi la volonté de donner le meilleur de moi-même. C’est une famille que j’ai trouvée en choisissant l’autoédition, pas un moyen de distribution…



Comment avez-vous vécu l’enthousiasme des premiers lecteurs ? Le retour des critiques, positives comme négatives.


J’ai commencé à écrire Cosmogonies, en français, dans des pays anglophones. Autant dire qu’il n’a pas été facile d’obtenir des critiques et que l’émotion que j’ai ressentie à chaque retour a principalement été de la gratitude. Comme la plupart des auteurs je pense, je suis dévorée de doutes quand je commence un nouveau projet : est-ce que le texte est bon ? Mon message est-il passé ? Plaira-t-il ? La liste est sans fin. Ainsi, j’absorbe les critiques, négatives comme positives, comme une éponge, sans discernement ; je suis prête à réécrire mon texte à l’infini, si c’est nécessaire.
Quand j’ai été confrontée à l’enthousiasme des premiers lecteurs, j’ai eu l’impression d’arriver à une oasis après avoir traversé le désert. Une sensation de plénitude, de bien-être m’a submergée ; un bonheur vrai, une joie totale. Avec, en bonus, la satisfaction intellectuelle d’avoir fait du bon travail.



Comment s'est passé le choix de la couverture du roman ? Y avez-vous participé ? Si non, qu'auriez-vous changé ?



Très tôt dans le processus de création, j’ai eu en tête la maquette de la couverture. Je suis très visuelle, et, pour moi, l’image qui représenterait le livre était primordiale. J’ai passé des heures et des heures à visionner les images disponibles gratuitement sur le site de la N.A.S.A., jusqu’à ce que je trouve exactement celle que je recherchais. Ensuite, beaucoup plus tard, quand je suis rentrée en France, j’ai eu la chance de rencontrer le sosie de mon héroïne, à Marseille. Outre le fait que nous soyons devenues amies, elle a accepté de poser pour la couverture (merci Nanou !). Un ami photographe anglais est passé dans la région et nous avons pu improviser une séance photos devant l’aéroport Marseille-Provence (thanks Pat !).
Puis, j’ai fini le manuscrit, quitté mon travail, et les choses se sont précipitées : j’ai envoyé un appel au secours à toutes mes connaissances pour localiser un graphiste. Et le miracle a eu lieu : Didier a répondu à l’appel et a prêté son talent à l’assemblage de tous les éléments que j’avais rassemblés. Cosmogonies avait enfin un visage ; le livre était né. Cela a été un moment magnifique pour moi.



Si vous pouviez donner vie à l'un de vos personnages, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?



Jog ! Je rêve de rencontrer Jog… Quel bonheur ce serait que de pouvoir m’entretenir avec cette masse de bonté détachée de tout jugement, cet être-planète incapable de mensonge… [J’ai publié ‘l’interview de Jog’ à l’occasion de la sortie de Cosmogonies, qui donne un aperçu de sa psychologie complexe et sans compromis].



Sur quel projet êtes-vous en ce moment ?


Depuis quelques temps, j’écris des nouvelles, notamment pour répondre à des concours. J’en ai d’ailleurs publié une récemment qui est disponible gratuitement sur mon blog : Vendredi 12.
Je retourne aussi dans ma tête un projet plus conséquent, qui est un 'spin off' de l’univers de Cosmogonies et qui est presque prêt à être couché sur le papier ; je vais m’y mettre dès que j’aurai un peu de temps libre.




Auriez-vous des conseils d'écriture pour nos jeunes débutants ?


Ne pas abandonner, face aux refus, aux critiques, aux aléas de la vie qui rendent l’écriture difficile. Rester humble. Laisser pénétrer l’essence de tous les retours, bons ou mauvais, pour pouvoir en extraire une vraie compréhension des forces et des faiblesses du récit.
Trouver au moins 4 bêta-lecteurs, qui ne se connaissent pas, d’âges et de contextes sociaux différents.
Choisir chaque mot très précisément et les agencer avec soin – ce sont les cellules du corps du récit et on ne peut pas faire vivre une histoire dans la tête d’un lecteur, si elle ne tient pas debout.
Prendre le temps de laisser le texte inachevé mariner, jusqu’à l’avoir sorti de la tête, pour pouvoir le relire avec un regard neuf.
Et surtout, croire en soi, et croire en son texte, toujours.



Un petit mot pour la fin ?


Oui : un grand merci, pour ton support de l’autoédition et bravo pour la pertinence des questions de ton interview ! Je serai au Salon Fantastique à Paris du 6 au 8 mai et au Salon de l'autoédition le 13 mai à Pierre-Bénite : au plaisir t'y rencontrer, ainsi que les lecteurs de ton blog !

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