22 juin 2017

#JeudiAutoEdition - Qui sont ces auteurs ? #35



Le #JeudiAutoEdition est un rendez-vous que je suis de très près depuis un petit moment et n'ayant pas toujours une lecture sous la main, je préfère mettre en avant un ou une auteur(e) auto-édité(e), ce qui, je l'espère, vous permettra de le ou la connaître un peu plus et pourquoi pas, la curiosité fera le reste ... 





Cette semaine, c'est au tour de Jérémie Lebrunet





Pour commencer, pouvez-vous nous faire une petite présentation rapide pour ceux et celles qui ne vous connaissent pas encore ? (D'où vous venez, les études faites, etc.)


J’ai la trentaine, je suis instit’ auprès d’ados handicapés mentaux et j’écris depuis 2012. J’habite en Bretagne et suis sur le point de déménager dans le Tarn, on me verra donc davantage sur les salons et évènements de la région toulousaine !
J’ai une formation scientifique (biologie et écologie) et j’ai toujours lu beaucoup de science-fiction, alors c’est spontanément vers ce genre littéraire que je me suis tourné quand j’ai commencé à prendre la plume pour des ateliers d’écriture en ligne, puis pour des nouvelles. Étant un peu touche-à-tout, je me suis peu à peu diversifié : fantastique, fantasy, thriller, humour noir, mais aussi un guide sur le formatage et la typographie pour les auteurs, un guide sur la cuisine de plantes sauvages et, plus récemment, des ouvrages de littérature jeunesse.
Au jour d’aujourd’hui, j’ai autoédité une quinzaine de nouvelles, deux guides pratiques, un album pour les tout petits et j’ai trois romans qui sont écrits, mais en attente de corrections. J’espère en finalisé un cette année, avec publication début 2018 (j’en reparle plus bas).




Quel est votre univers livresque ?

J’ai l’impression qu’il est assez varié et pas évident à définir. Je dirais que les sujets me viennent souvent sans que je ne les choisisse. À un moment, il y a telle idée qui me plaît et c’est le moment d’écrire une histoire avec. Parfois, ces idées me surprennent, je pense notamment aux voyages dans le temps qui m’ont amené à beaucoup me documenter sur le Saint-Malo des années 1800 et ça m’a beaucoup amusé ! Moi qui n’aimais pas trop l’histoire à l’école… Les enseignements magistraux non choisis sont moins efficaces que quand on a une réelle motivation d’apprendre quelque chose, n’est-ce pas ? ;)
Pour être plus concret, je peux dire que la création d’espèces intelligentes, la terraformation, la possibilité de dupliquer l’esprit humain grâce au clonage, le voyage temporel comme moyen de modifier l’Histoire sont autant de thèmes qui m’intriguent et m’inspirent dans le domaine de la SF. J’ai fait aussi une incursion dans le domaine du conte pour parler des camps de concentration.
Il m’est arrivé également d’écrire quelques fanfictions pour répondre à des appels à textes : une dans l’univers de Toxic, pour un AT lancé par Walrus Books, et une avec les personnages de La Horde du contrevent, d’Alain Damasio, lancé par Folio SF (j’ai remporté le premier, mais pas le deuxième). Et parfois de réagir à l’actualité à travers de nouvelles : une nouvelle sur le cynisme de la téléréalité, un hommage aux victimes du terrorisme, un coup de gueule dans l’entre-deux tours des présidentielles cette année. Tous ces textes sont en lecture gratuite sur mon blog  et sur Wattpad.





Qui vous a donné l'envie d'écrire à votre tour ? Quel est votre objectif lorsque vous écrivez ? (Donner du plaisir, vous évader, faire partager, etc.)

En fait, j’écrivais déjà quand j’étais gamin, notamment un livre dont on est nous-mêmes le héros. Et puis, j’ai arrêté au moment de l’adolescence. Et puis, j’ai recommencé suite à Quai des Bulles 2012 à Saint-Malo : voir tous ces auteurs m’a fait me rendre compte que c’était des gens ordinaires et que s’ils y arrivaient, alors je pouvais le faire aussi !
Du coup, je me suis remis à l’écriture, d’abord par des ateliers sur un forum, pour m’amuser, puis j’ai très vite eu tellement d’idées qui se bousculaient dans ma tête que je me suis concentré sur mes textes.
Mon objectif premier est de me faire plaisir (difficile sinon de faire quelque chose longtemps) et parfois, j’ai envie de faire passer un message (plutôt d’ordre moral, philosophique ou politique). Le second est de faire plaisir à mes lecteurs, de leur offrir un moment de lecture divertissant. J’espère sincèrement que c’est le cas et, au vu de certains commentaires Amazon, cela semble l’être pour certains d’entre eux. Là, je pense à un avis récent d’Esmeralda , une chroniqueuse littéraire qui a adoré une de mes nouvelles, intitulée La Clé du camp (celle qui parle des camps de concentration). Ce genre de retours fait vraiment plaisir.


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Comment s'est déroulé l'écriture du roman (ou des romans) ?


Alors je vais parler de celui que je viens de commencer à corriger : Une Cité sous influences. Je m’étais lancé lors d’un NaNoWriMo il y a déjà 2-3 ans. L’inspiration m’était venue suite à un appel à textes qui demandait d’imaginer l’humanité dans mille ans. J’avais écrit une nouvelle peu satisfaisante où l’amiral d’un vaisseau spatial prenait la lourde décision de détruire la Terre… Puis, je m’étais interrogé sur la suite d’évènements qui avaient pu mener à une telle tragédie et tout un univers a jailli sur mon écran… Un univers où les humains ont colonisé le système solaire : des planètes, des lunes, mais aussi des cités orbitales construites de toutes pièces.
J’ai écrit le roman sur la trentaine de jours du NaNoWriMo. Et puis je me suis pris la tête en le comparant à d’autres enquêtes policières, à des thrillers beaucoup plus « procéduriers »… Alors j’ai commis une erreur : réécrire entièrement le roman en mode « sérieux ». J’ai tué toute la spontanéité et l’humour qui régnaient dans la première version, je me suis emmêlé les pinceaux dans les éléments de l’enquête, et j’ai finalement abandonné avant d’avoir fini cette V2.
Du coup, pour mes corrections, je suis reparti de la première version, beaucoup plus fun ! Ça se sent que j’ai pris plaisir à l’écrire ;) Il y a bien sûr pas mal de choses à revoir, notamment pour donner un côté plus rigoureux à l’enquête. Mais rien d’insurmontable.






Comment s'est passé le choix de la couverture du roman ? Y avez-vous participé ? Si non, qu'auriez-vous changé ?

En fait, j’avais une idée assez précise de l’aspect extérieur de la cité spatiale où se déroule l’intrigue. Du coup, j’ai écumé les sites d’images et j’ai trouvé une image de John Harrissur Pinterest qui illustrait bien ce que je voulais faire : une cité spatiale au-dessus de la Terre. J’ai finalement acheté une image de Victor Habbick sur Fotolia et conçu la couverture moi-même en ajoutant Mars derrière la Terre. Même si cela ne respecte pas les échelles astronomiques, cela illustre les tensions politiques et les enjeux qui opposent les deux planètes dans le livre.
J’ai hâte de pouvoir la diffuser en annonçant que le livre est finalisé !




Vous imposez-vous un rythme d'écriture ou écrivez-vous quand l'inspiration est là ?

Je dirais que je fonctionne par périodes. Il m’est arrivé de me pousser à écrire tous les jours, notamment lors de premiers jets, ça permet de rester dans le ton, de ne pas perdre le fil, de se faire bien plaisir en expérimentant un processus d’écriture au long cours. Mais il y a eu d’autres périodes où je n’avais vraiment pas le temps et où j’écrivais par à-coups, parfois une nouvelle en un week-end complet, puis les corrections le week-end suivant.
En fait, c’est variable selon mes disponibilités, mes envies, mes priorités. Pour certaines personnes, la routine d’écriture est très bénéfique et elle l’a été aussi pour moi à certains moments. Le mieux reste de s’écouter et de savoir comment on fonctionne. Mais je pense que, d’une manière générale, se faire violence n’est jamais bon.




Pourquoi avoir choisi l'auto-édition ?

Très vite avec mes nouvelles, j’ai eu de la matière à publier et, estimant que les revenus issus de l’édition classique étaient dérisoires au vu du travail fourni (souvent, les nouvelles n’apportent aucun revenu), j’ai décidé de m’autoéditer.
Je ne me doutais pas à quel point j’allais apprécier cela : tant la création de couverture que le contact direct avec mes lecteurs, ou encore d’autres aspects comme faire moi-même mes corrections ortho-typographiques (eh oui, j’aime bien ça !), formater mes livres pour l’édition papier ou numérique, communiquer sur mon travail via ma newsletter ou les réseaux sociaux.
Je suis extrêmement libre dans mes choix éditoriaux et c’est très appréciable. Cependant, l’autoédition devient vite chronophage, difficile de tout faire à fond, et quand il y a des ratés, je ne peux m’en prendre qu’à moi… Mais cela fait partie du jeu.
Et le gros plus, c’est la bonne ambiance qui rège entre les auteurs indés :D Il y a du partage et de l’entraide, c’est très agréable. J’ai fait récemment mon premier salon, labellisé « Auteurs indépendants », tout près de chez moi. On était une dizaine, la journée fut bonne, le contact avec les lecteurs aussi (ils étaient surtout curieux de savoir comment on s’y prenait et qu’est-ce qui nous différenciait de l’édition à compte d’auteur). Suite à cela s’est montée une association : les Auteurs Indépendants du Grand Ouest , qui a pour vocation d’organiser d’autres évènements de ce genre !




Comment avez-vous vécu l’enthousiasme des premiers lecteurs ? Le retour des critiques, positives comme négatives.

Les premiers commentaires positifs sur Amazon (parce que ça a commencé par là), je les ai vraiment vécus comme une gratification par rapport à mon travail. Quelques lecteurs m’ont écrit directement (mail et blog) et j’ai également été ravi d’échanger avec eux sur leurs impressions.
Et puis, j’ai commencé à me mettre la pression : maintenir la qualité, maintenir une certaine productivité pour publier régulièrement, pour ne pas décevoir les lecteurs… En fait, ça peut vite tourner à l’enfer quand on n’est plus centré sur soi, mais sur ce que pensent les autres. Il m’a fallu un moment pour me défaire de ce stress et parvenir à rester focalisé sur ce qu’il me faisait plaisir d’écrire, tout en respectant mon rythme de travail (cf. réponse plus haut).
Il est important d’accepter aussi que ce que l’on écrit ne peut pas plaire à tout le monde et que tous nos textes ne vont pas toucher le public de la même manière ou avec la même intensité. Et en plus, des fois, ça n’a pas grand-chose à voir avec la quantité de travail… Suite au résultat du premier tour des présidentielles, j’ai écrit un très court texte d’un jet, en deux heures, je n’y ai presque apporté aucune modification et il a beaucoup touché les gens : Les Quinze kilomètres les plus horribles de mavie. Cela me fait voir qu’il y a une large part d’inconnu et d’imprédictible dans la façon dont les gens vont recevoir le texte.
Quant aux commentaires négatifs sur Amazon, le premier m’a beaucoup affecté. Je l’ai vécu comme une injustice, je me suis dit que la personne avait mal lu ou mal compris… Et puis, j’ai pris du recul et j’ai décidé de ne pas répondre. Quelle importance, finalement ? Comme je l’ai déjà dit, il est impossible qu’un texte plaise à tout le monde, il faut l’accepter. Et accepter qu’en publiant (= en rendant quelque chose publique), on s’expose au regard et aux retours du public. Si on n’est pas prêt à cela, il ne faut pas publier.
En plus, il paraîtrait même que quelques commentaires négatifs crédibilisent les positifs ;)


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Sur quel projet êtes-vous en ce moment ?

Plusieurs ! Trois en fait…
Et vous, vous êtes capable de faire deux choses à la fois ? C’est une nouvelle fantastique un peu étrange, une histoire de dédoublement. Elle est déroutante, mâtinée d’humour noir, j’avoue que je ne sais pas très bien quoi en penser. Je suis sur le point de la publier ce mois-ci en numérique.
Saleté de chat ! C’est un roman pour ado de 10 à 14 ans, que je vais publier sous mon nom de plume consacré à la littérature jeunesse : Rémi Brunet LIEN BLOG. J’attends la couverture de l’illustrateur et je suis prêt à publier ! En voici un court résumé : une sorcière vivant en HLM mange par mégarde le chat de son petit voisin (tout le monde sait qu’elles en ont besoin pour régénérer leurs pouvoirs magiques). Le gosse a le cœur fendu, alors elle décide de ressusciter le chat. Mais bon, les lois du monde ésotérique étant ce qu’elles sont, tout ne va pas se passer exactement comme elle le souhaite…
Et comme je le disais plus haut, j’ai commencé les corrections d’un de mes romans de SF, Une Cité sous influences : une enquête sur des crimes commis contre des ressortissants terriens sur une cité spatiale. Et c’est l’inspecteur Herbert Chemker qui s’y colle et qui risque sa place, d’autant que la dernière victime n’est autre que l’Ambassadeur terrien… Héhé, je retrouve le plaisir que j’avais eu en écrivant le premier jet de ce roman ! J’espère pouvoir le publier début 2018.




Si vous pouviez donner vie à l'un de vos personnages, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

Héhé, ce serait le protagoniste d’Une Cité sous influences : Herbert, le détective martien exilé sur une cité orbitale pour fuir son ex-femme qui le harcèle. J’aime beaucoup son attitude désabusée et son humour caustique. Je pense que je le trouverais touchant, abritant les insatisfactions de sa vie derrière une mauvais humeur de façade. Il porterait sûrement un regard très critique sur notre société moderne, ses incohérences, ses contradictions…





Auriez-vous des conseils d'écriture pour nos jeunes débutants ?

Oui : cultiver la patience et faire preuve d’indulgence envers soi.
La patience, car il faut laisser le temps à une idée de mûrir avant de l’écrire, le temps à un texte de maturer au cours de maintes et maintes réécritures et corrections avant de le publier, le temps à notre esprit d’acquérir des habitudes de travail, le temps de se professionnaliser que l’on soit auteur publié à compte d’éditeur ou que l’on fasse le choix de l’autoédition. Le métier d’auteur est un métier qui s’apprend, comme tous les autres.
L’indulgence pour soi, car on a souvent tendance à être très exigeant concernant nos premiers jets, ce qui peut devenir contreproductif et paralysant. On est parfois tenté de se comparer à ce qu’écrivent d’autres auteurs, ceux qui sont publiés et que l’on apprécie. Dites-vous bien que ces textes publiés ne sont pas des premiers jets, mais des versions 5, 10 ou 50 du texte qui n’a peut-être plus rien à voir avec sa version initiale. Alors comparons ce qui est comparable, laissez-vous le droit de faire un premier jet imparfait, plein de défauts, et retroussez-vous les manches pour le corriger ! Retour au premier conseil : la patience ;)





Un petit mot pour la fin ?

Oui, je ne saurais trop conseiller aux auteurs de soumettre leurs textes à la bêta-lecture et de la pratiquer eux-mêmes sur les textes d’autrui. Pour peu que ce soit fait dans un cadre bienveillant, cela peut être extrêmement enrichissant et formateur ! En tout cas, ça l’a été pour moi sur le forum CoCyclics. Je ne sais pas comment les auteurs faisaient avant l’apparition du traitement de texte et d’Internet…

Audrey, merci beaucoup de m’avoir reçu sur ton blog ! 
À bientôt.



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