#JeudiAutoEdition - Qui sont ces auteurs ? #67 - Zoom sur Amanda Costello

Le #JeudiAutoEdition est un rendez-vous que je suis de très près depuis un petit moment et n'ayant pas toujours une lecture sous la main, je préfère mettre en avant un ou une auteur(e) auto-édité(e), ce qui, je l'espère, vous permettra de le ou la connaître un peu plus et pourquoi pas, la curiosité fera le reste ...
Cette semaine, c'est au tour de Amanda Costello
Les
présentations
Pour
commencer, est-il possible de vous présenter en quelques mots ?
(Etudes,
métier, loisirs, etc.)
En
quelques mots dites-vous ? Si j’avais 20 ans, je vous
répondrais « aucun problème, Audrey » mais quand on
commence à compter par dizaines les kilomètres de l’existence, il
devient difficile de « présenter en quelques mots »
l’expédition d’une vie… Essayons, et tant pis pour vous si
les « quelques mots » s’étirent, s’insinuent dans
les interstices et finissent par squatter votre blog !
Je
suis juriste de formation, spécialisée en Droit International
Public et en Sciences politiques, et j’ai travaillé pendant de
longues années dans le domaine des Droits Humains et en particulier
dans la défense et la promotion des peuples et surtout des droits
des femmes et des enfants en Amérique Latine où j’ai vécu très
longtemps. Successivement, du monde juridique j’ai glissé vers
celui de la psychologie pour venir en aide aux personnes détruites
par les violences, tortures, simulacres d’exécution, menaces, dans
le continent latino-américain. Pendant des années, j’ai côtoyé
la souffrance et la mort. Cela a forgé mon âme et mon esprit, a
orienté mes choix, a marqué définitivement mon chemin de vie et a
bien évidemment influencé ma plume.
Je
vous vois déglutir, chère Audrey. Ne vous inquiétez pas. Je
m’arrête là. Ne me voyez surtout pas en Jeanne d’Arc ou Don
Quichotte Guevariste, je suis juste une idéaliste éprise de justice
qui a mis au service de ses valeurs ses connaissances et son énergie.
Les
circonstances de la vie ont fait qu’ensuite je sois passée de la
défense des peuples et des personnes contre la violence et
l’injustice du pouvoir à la lutte contre la douleur inutile -
conséquence de la maladie ou de la vieillesse – et contre le
manque de respect et de dignité des patients en souffrance. Un
nouveau cheval de bataille à enfourcher. Il m’a conduit à me
dédier aujourd’hui aux soins palliatifs, à l’accompagnement en
fin de vie, à m’occuper du processus du deuil chez les adultes et
chez les enfants, à former les soignants et les accompagnants et à
poursuivre mes recherches sur la vie, la mort et sur ce qui se passe
après…
Pour
ce faire, j’ai élargi mon domaine d’apprentissage suivant entre
autres, une formation de counseling avec
le docteur Carl Simonton, cancérologue américain, une autre en EFT
(Emotional
Freedom Techniques),
en France, avec Geneviève Gagos et sur le deuil avec le docteur
Michel Hanus. J’ai fondé différentes associations de bénévolat
dans le domaine des Droits Humains, de la culture et des soins
palliatifs. La dernière, je l’ai créée après la mort de mon
mari des suites d’un cancer, l’Association Paulo Parra pour la
Recherche sur la Fin de Vie – A.R.T. Je donne des conférences et
des cours en communication, estime de soi, développement personnel,
relation d’aide, accompagnement, soins palliatifs et deuil.
J’accompagne des adultes et des enfants en séance individuelle ou
en groupes de deuil.
Voilà
pour le panorama rapide - façon Sélection
du Reader’s Digest - des fameux « quelques mots » que
vous m’avez demandés.
Passons
à la partie sympa de votre question : les loisirs. Je fais
partie de la catégorie des sportifs et des « Grands
voyageurs ». J’ai l’avantage de parler cinq langues
couramment et d’en baragouiner deux autres, ce qui me facilite
grandement la communication. J’ai d’abord beaucoup voyagé pour
mon activité d’observation et de défense des Droits Humains
étudiant les peuples et leurs traditions, et suivant les
enseignements de certains grands chamanes. Aux voyages confortables,
j’ai toujours préféré l’aventure loin des sentiers battus.
Aujourd’hui, ça n’a pas changé. Selon les lieux et les époques
, à cheval, en voilier, en canoë, à pied… j’ai parcouru une
partie de la Mongolie, les Andes, l’Amazonie, le Spitzberg, le
Groenland, le Ladakh, le Yukon, les Etats Unis, le Sénégal, la
Zambie, la Tanzanie et de nombreux pays d’Amérique Latine…
enrichissant ainsi mon fonds documentaire de clichés et
d’informations pour mes recherches et mes livres. Mais il me reste
tant à découvrir !
Vous
voulez que je résume ? D’accord. Je vais donc répondre façon
quiz,
chère Audrey.
Mes
passions : Les « Autres » , la lutte pour
la Justice, la défense de la Planète. Élargir mes connaissances
(physique quantique, spiritualité…), l’amour et la défense des
animaux (je viens de perdre deux de mes chiens de vieillesse et ce
fut un drame pour moi et pour ma petite dernière, une Bergère des
Pyrénées). Les voyages aventureux et de découverte. L’équitation
et les sports variés. L’écriture.
J’aime
: tout ce qui, dans les rapports humains, est authentique et
sincère, tout ce qui est empreint d’humilité intellectuelle, la
reconnaissance des propres limites, le sens de gratitude, la
recherche du bonheur et de la joie, les valeurs pour lesquelles cela
vaut la peine de s’engager et de donner un sens à la vie, la
découverte, la connaissance…
Je
n’aime pas : la lâcheté, l’orgueil, l’égoïsme, la
trahison, le manque de respect de la parole donnée, la violence…
Quel
genre littéraire appréciez-vous lire ?
Quel est votre top 5 des auteurs favoris ?
Quel est votre top 5 des auteurs favoris ?
Quand
on a déjà passé 2/3 de son existence, il est difficile de faire
une liste (Lol !). Mon cœur a toujours vibré pour la
littérature latino-américaine et russe, puis pour les grands
classiques et le filon des Existentialistes. Dans la littérature
contemporaine Sartre, Camus, Jean d’Ormesson, Simone de Beauvoir,
Elena Ferrante, Virginia Woolf, Marie Niaye, Marguerite Duras,
Isabelle Allende, Stephen King… Mais je me sens injuste envers
toutes celles et ceux qui me viennent à l’esprit et que je ne peux
citer ici.
Je
tiens aussi à mentionner des auteurs autoédités ou indépendants,
les fameux Indés, parmi lesquels, dans des genres différents, j’ai
découvert de vraies perles : Alice Quinn, Lydia Valldepérez,
Chris Simon, Jean-Philippe Touzeau, Luca Tahiteazym, Rebecca
Greenberg, Solène Bakowski, Amélie Antoine, Alexis Arend, Olivier
Bal, Jacques Vandroux, Georges Vermard, Isabelle Rozen-Marie…
Votre vie d'auteure
Depuis
quand vous êtes-vous intéressée à l'écriture ?
La
passion pour l’écriture passe d’abord par la passion pour la
lecture. Et celle-ci naît dés l’enfance. Mes parents lisaient,
mes grands parents aussi et donc j’ai pris mon bain dans la cuvette
lecture. Un grand-père maternel ingénieur qui écrivait des pièces
de théâtre en Alexandrins, une mère qui dévorait les livres et
écrivait des poésies et d’autres tendances littéraires
familiales m’ont certainement inculqué le virus. Enfant et
adolescente, je lisais et j’écrivais. Poésies, nouvelles, pièces
de théâtre que je montais réquisitionnant amies et cousins. Mon
engagement politique pour les Droits de l’Homme m’a ensuite
éloignée de l’activité littéraire et mes écrits se sont
spécialisés en rapports, études, analyses…
Ce
n’est que vers les années 90 que j’ai repris la plume,
pourrait-on dire, acceptant de participer à un Prix littéraire,
celui de l’Académie Arts-Science-Lettre de Paris. Je gagnais le
Prix Jacques Chabanes de l’Académie avec une nouvelle « Le
Cristal de Iemanja ». Cette nouvelle est publiée aujourd’hui
dans un recueil de nouvelles « Les
Amours Impossibles des Femmes qui ont changé le Monde ».
Ce
fut l’époque où nous avons découvert le cancer de mon mari.
Délaissant mes activités professionnelles pour le soigner, je me
mis à écrire en étant à ses côtés. Ainsi est né « Un
Alien
nommé Docteur Crabe »,
inspiré à la lutte d’un couple contre le cancer. Ce livre a
touché de nombreux lecteurs et lectrices car malheureusement
beaucoup traversent ce genre d’épreuves. Le cancer a gagné et je
me suis retrouvée, après le Tsunami que provoque la perte de l’être
aimé, à reconstruire le puzzle de ma vie. J’ai fondé une
association après son décès pour aider les personnes en train de
vivre le même type de situation et j’ai développé mon travail de
formation du personnel soignant et mes recherches sur la fin de la
vie.
Je
vis entre la France et l’Italie. Mes activité et mes écrits sont
donc dans les deux langues et tous mes livres ou presque sont
disponibles dans les deux langues.
Qu'est-ce
qui peut faire l'objet d'inspiration pour vous ?
-
Mes expériences avant tout. Quand on a eu une vie mouvementée comme
la mienne, les souvenirs se sont entassés dans une immense caverne
d’Ali Baba. Ce ne sont pas que les mémoires accumulées, mais ce
qu’on en a fait qui peut devenir source d’inspiration. Le
souvenir n’est jamais exact. Il a été en partie effacé,
transformé, adouci ou interprété différemment. On tire les leçons
du vécu, de ses propres échecs, des blessures mal cicatrisées, des
batailles perdues et des victoires arrachées et tout peut devenir
matière pour un roman ou un essai.
-
Mon activité auprès des personnes que j’aide est aussi une source
d’inspiration. Les histoires des autres, leurs souffrances, leurs
espoirs, leurs rêves… tout est à l’origine de réflexions qui
seront un jour couchées sur le papier ou sur l’écran d’une
liseuse. C’est ainsi qu’a vu le jour « Padi
et l’aventure de la vie »,
un livre illustré et interactif, destiné aux enfants, pour parler
ensemble du cycle de la vie, des joies et des douleurs, de la
naissance et de la mort.
-
Mon travail de thérapeute, de formatrice qui me permet d’identifier
des difficultés partagées par de nombreuses personnes et me
poussent à écrire sur des sujets d’intérêt général, comme ce
manuel « Dormez !
Retrouvez votre sommeil d’enfant - Secrets, exercices, remèdes
naturels et efficaces »
ou le manuel dans lequel je suis plongée en ce moment « Le
deuil, l’affronter pour renaître » avec
une
partie anthropologique et une autre très pratique.
-
Mes voyages, mes rencontres avec les peuples, les enseignements de
maîtres et de chamans qui m’ont permis d’entrevoir au-delà de
l’apparence de notre Dimension. C’est probablement suite à ces
expériences que j’ai ressenti le besoin d’en parler et qu’est
né « Le
Voyage Initiatique d’Elena – Une Rencontre au-delà du Temps et
des Mondes ».
-
Le monde animal que j’aime, respecte et défends et avec lequel
j’apprends à communiquer et le monde végétal que j’ai
découvert avec les chamans. Les émotions du quotidien, la beauté
de la création qui nous entoure et dont je ne me lasse pas.
-
Mon travail de recherche dans le domaine de la spiritualité qui
m’ouvre à des horizons insoupçonnés sur le sens de la vie.
-
Mon activité dans le bénévolat qui a inspiré « Le
Mystère du Palais Farnese ».
Quel
est votre rythme d'écriture ?
Ma
chère Audrey, je dois plaider coupable ! Il m’est impossible
de m’atteler avec régularité et constance au devoir de
l’écriture. Je voudrais bien, mais mes activités multiples me
rendent cela impossible. Accordez-moi cependant les circonstances
atténuantes. Je fais passer mes engagements solidaires avant
l’écriture, certes, mais ce sont les priorités que j’accorde
aux personnes en difficulté, à mes recherches sur des projets dans
le domaine de la conscience, de la physique quantique, de mon besoin
d’étudier chaque fois davantage car le processus de connaissance
me fascine. S’il faut définir une période, disons que j’écris
volontiers le soir tard et même très tard, mais sans régularité
prédéfinie. La seule contrainte temporelle que je m’impose est la
présentation d’un travail pour un cours, une conférence avec une
date imposée. Mais ce qui me pousse à décider si je « dois »
écrire est avant tout la réponse à donner à la question
« qu’est-ce
que j’ai à dire ».
L’écriture pour moi n’est pas une activité productive, même si
elle peut le devenir pour certains. L’écriture est-elle un
métier ? Il me serait difficile de répondre. Le débat est
ouvert.
Si
vous pouviez donner vie à l'un de vos personnages, lequel
choisiriez-vous ?
Elena.
C’est le personnage principal d’un livre pour moi très important
« Le
voyage Initiatique d’Elena ».
Un roman « initiatique », un conte philosophique, spirituel,
fantasy destiné à un public d’adultes et de grands adolescents.
Le thème est sans aucun doute d’actualité puisqu’il s’agit du
passage de la vie à la mort, la dimension de la mort et de ce qui se
passe dans cet « ailleurs » qui inquiète et séduit à la fois.
Elena
est une jeune fille, qui au cours d’un « voyage initiatique »
truffé d’aventures rocambolesques, tendres, inquiétantes,
rencontre des guides. Ils vont l’aider à comprendre la vraie
nature de la mort, le parcours et le sens de la vie, la
responsabilité individuelle et collective envers les humains, les
animaux et la nature, le rapport à l’Autre, la relation avec les
émotions, la notion du temps et de l’espace, le respect des
valeurs. Tout se déroule dans un monde fantastique qui, par certains
aspects, pourrait être le nôtre, un jour à venir, mais qui
appartient au domaine de l’imaginaire, de l’inconscient, du rêve
ou peut-être… d’une dimension parallèle.
Elena
rencontre l’être de lumière Pallium et le cheval-rune Ehuaz qui
vont lui faire comprendre ce qui se passe après la mort physique.
Elena devient « passeuse d’âmes » et va aider à faire
comprendre que le concept de mort comme fin n’existe pas. La
conscience perdure et poursuit son cheminement dans une autre
dimension.
Sur
quel(s) projet(s) travaillez-vous actuellement ?
Comme
je l’ai dit plus haut sur un ouvrage sur le deuil. Son titre
provisoire est « Le
deuil, l’affronter pour renaître ». Je
n’ai pas voulu réaliser juste un vade-mecum pour personnes en
deuil, mais offrir une réflexion plus approfondie. Quand on parle de
deuil, on ne peut bien évidement exclure la mort. Pourtant nous
vivons comme si la mort était un rendez-vous à éviter, à remettre
à plus tard, qu’on aimerait pouvoir déléguer. Le deuil nous
renvoie à notre rapport intime avec la mort.
Donner
des solutions, des remèdes pour vivre le deuil, le mieux possible,
ne résout pas le problème car inévitablement, la douloureuse
situation liée à la perte d’une personne aimée se représentera
au cours de notre vie. Il peut donc être utile de prendre un temps
pour penser à la mort, à notre mort et à celle des personnes qui
nous sont chères. Notre système de valeurs évolue. Il suit le
cours du développement de la société, les modes, les lieux, les
cultures, les religions. Nombreux sont les facteurs qui influencent
notre façon de considérer la mort, le respect de la vie, notre
rapport au corps, etc. La vision de la mort en Occident n’est pas
la même que celle de l’Orient.
Sans
trop m’éloigner de notre berceau culturel, j’ai voulu dans ce
travail proposer une partie anthropologique qui permet d’observer
comment notre relation à la mort a changé jusqu’à aujourd’hui
et une autre très pratique, photographie bienveillante des émotions
que nous traversons lors de la perte d’un être aimé avec des
propositions pour comprendre, accepter et renaître, en s’appuyant
sur des exercices et des techniques pour reconstruire notre
équilibre.
À
côté de ce livre, un autre attends son tour, « La
Secte de la Lune Rousse ».
Il est bien avancé mais a besoin encore d’un sérieux travail.
C’est une fiction sur le phénomène des sectes, une histoire
inventée mais construite cependant sur des connaissances de faits
réels.
En
parallèle, je travaille sur un projet de recherche sur les
NDE, Near
Death Expeience
ou
EMI Expériences de Mort Imminente, mieux
définies aujourd’hui comme Expériences
de Mort Provioire.
Comment
avez-vous vécu l’enthousiasme des premiers lecteurs ? Le
retour des critiques, positives comme négatives.
Il
est indéniable que lire les critiques positives des lecteurs est
extrêmement gratifiant pour l’auteur/e. Ce qui intrigue, c’est
l’identité, dans la plupart des cas, inconnue de la personne qui
laisse un commentaire. Après avoir exclu éventuels membres de la
famille ou amis intimes, ce qui est intéressant c’est de lire les
réactions de personnes dans on ignore le nom, la provenance,
l’activité, l’âge… Et c’est là que se situe la magie de
l’autoédition, la publication des auteurs indépendants. Un
rapport se crée, direct, immédiat entre l’auteur/e et ses
lectrices et lecteurs. Ce lectorat s’exprime aussi sur Facebook et
Twitter et, petit « miracle », une relation peut se créer
à l’occasion de rencontres dans des salons du livre, quelque part
en France. C’est, sans aucun doute, une des grandes opportunités
que permet l’autoédition et les nouveaux instruments représentés
par Amazon et Facebook, principalement.
J’ai
peut-être eu beaucoup de chance, mais de tous mes livres publiés
(et ils sont tous sur Amazon), je n’ai eu qu’une seule critique
négative pour « Le Mystère du Palais Farnese ». Tous
les autres commentaires m’ont tous été très favorables. C’est
très stimulant. Cela signifie probablement que la communication est
bien passée avec mon lectorat. Vu le type le type d’ouvrages que
j’écris, ce qui me fait plaisir c’est de penser que mes livres
ont également pu servir à quelque chose de positif dans la vie de
ces personnes.
Un
commentaire aide à repenser à son travail. Les réactions
soulignent un aspect qui a touché, interpelé. Une critique négative
peut permettre une amélioration, si naturellement elle est faite
dans le respect de l’auteur/e car il existe aussi des personnes
malveillantes qui, sous le couvert de l’anonymat, se permettent
d’insulter ou dénigrer l’œuvre publiée.
La publication
Comment
s'est passé votre parcours pour l'auto-édition ?
Je
suis auto éditée et j’ai publié en version e-book et papier sur
Amazon. Mes livres et nouvelles ont reçu des prix en France et
Italie. Au
début je pensais que l’autoédition signifiait auto-publication.
J’ai suivi le cours de Christian Godefroy « le Kindle Bank
System » il y a quelques années qui m’a ouvert les yeux et
où j’ai beaucoup appris.
Pourquoi
je me suis intéressée à l'auto édition ? Comme beaucoup, je
crois. Parce que malgré mes efforts pour cibler correctement des
maisons d’édition pour mes livres, les réponses étaient pour le
moins décourageantes. N’oublions pas la partie économique :
le coût très élevé pour imprimer les manuscrits, la dépense de
l’emballage et des frais postaux. À cela s’ajoute le temps perdu
et l’attente… l’attente infinie celle que l’on ressent dans
« Le désert des Tartares » de Dino Buzzati ! Une
attente de six, neuf, douze mois qui souvent se solde sans réponse
ou par une réponse laconique, la même pour tous. Parfois, il arrive
que la réponse soit argumentée et mette un peu de baume sur la
blessure. Par exemple, un éditeur m’a écrit : « votre
livre est très intéressant, il ouvre sur de grandes prospectives,
il peut toucher beaucoup de personnes, il est très bien écrit,
mais… c'est un sujet risqué, difficile à vendre. »
C’était pour « Le
Voyage Initiatique d'Elena ».
Un
éditeur important dont je tairai le nom, m'a même dit :
« éliminez
la partie spirituelle, la partie trop axée sur la mort, conservez
l’action très bien menée et transformez votre livre en un roman
d'aventure, genre Harry Potter (…) ».
No comment !
Voilà
pourquoi je me suis ensuite intéressée aux possibilités
qu'offraient CreateSpace pour la version papier de mes livres et KDP
pour l'e-book.
Pour
vous, quels sont les avantages ainsi que les inconvénients
de cette méthode de publication ?
de cette méthode de publication ?
Au
niveau des avantages, l’autoédition permet la totale liberté aux
auteur/es et cela vaut son pesant d’or. Tout se passe en direct.
L’auteur ne dépend de personne, ne doit rendre compte à qui que
ce soit, choisit son titre, sa couverture, établit une relation
directe avec son lectorat sans filtre, fixe son prix de vente, décide
ses campagnes de promotion, peut proposer ses livres à des concours,
les vendre dans des salons, dans les espaces culturels des grandes
surfaces, sur son blog ou site, sur sa page Youtube, sur des
plateformes, sur les réseaux sociaux… Bien sûr cela représente
une masse de travail, d’organisation, de gestion. Cela signifie
aussi apprendre des techniques de communication, s’appuyer sur des
compétences externes, graphistes, correcteurs, etc. C’est le prix
de la liberté.
Tous
mes livres sont actuellement disponibles en autoédition sur Amazon,
en version e-book et papier. La seule exception est le livre pour
enfants « Padi
et l’aventure de la vie »
qui est proposé seulement en version papier. C’est un ouvrage
magnifique, en A4, de 134 pages en quadrichromie avec plus de 200
photos et dessins. Il pourrait être lu sans problème sur un
ordinateur mais la technologie actuelle ne permet pas de le mettre
sur Kindle. Il y a encore quelque temps, il n’était pas possible
de le publier avec le système de Print
on demand
d’Amazon. Le coût de l’exemplaire était prohibitif.
Aujourd’hui, c’est faisable et le livre est parfait, avec un prix
plus que raisonnable au vu de la qualité.
L’inconvénient ?
C’est la non visibilité en librairie. C’est le refus des
libraires de prendre en dépôt des livres autoédités.
L’autoédition est aujourd’hui une réalité et le monde de
l’édition et de la diffusion ne peut plus l’ignorer et pourtant…
Pour
un livre comme celui destiné aux enfants, c’est un handicap, car
ce livre aurait besoin d’être disponible en librairie pour les
familles, les enseignants, les soignants, les bibliothèques…
J’espère un jour trouver l’éditeur engagé capable de se lancer
avec « Padi et l’aventure de la vie ».
-
Les petits plus -
Avez-vous
une petite anecdote lors d'une rencontre avec vos fans ?
C’est
une expérience à la fois tendre et un peu triste. Un jour, j’étais
dans l’espace culturel d’un grand magasin qui avait accueilli mes
livres et je présentais mes livres aux personnes intéressées. Sur
ma table mes ouvrages pour les adultes et naturellement le seul que
j’ai écrit pour les enfants
« Padi et l’aventure de la vie ». Une
dame et une petite fille s’approchent et pendant que je réponds
aux questions de la maman sur mon livre « Les
Amours Impossibles des Femmes qui ont changé le monde »,
la petite feuilletait le livre de Padi. La dame remercie et s’en va
visiter d’autres rayons de livres. Quelques minutes plus tard, la
fillette revient et m’interroge sur les personnages de mon livre
tout en continuant à regarder chaque page. Elle s’arrête sur les
deux pages où les dessins illustrent le parallélisme entre la vie
d’un chat et celle de Padi. Et, elle me demande :
C’est comme ça aussi pour ma grand-mère, n’est-ce pas ?
Ne connaissant pas l’histoire de cette famille, je lui demande
d’abord son prénom Héloïse,
me dit-elle avec un sourire tristounet. Je choisis de répondre de
façon assez générale et lui explique que c’est ainsi pour chacun
et chacune de nous. Et elle continue : Tu
sais, ma grand-mère, c’est comme dans ton livre. Moi aussi, je lui
ai porté des fleurs. Il est vrai ton livre. La
dame cherchant sa fille l’aperçoit en conversation avec moi et
revient. L’enfant lui demande d’acheter mon livre. Mais la maman
n’est pas du même avis et l’entraine avec elle en s’excusant
pour le « caprice » de sa fille. En partant, elle glisse
à voix basse : Vous
savez, elle vient de perdre sa grand-mère… ma belle-mère, et elle
est un peu déboussolée. Elle s’y habituera. Avec le temps, tout
passe. La
femme s’en va, pressée de se libérer de cette situation. Je ne
peux donc pas lui expliquer que le temps n’efface pas tout, que la
perte d’une grand-mère dans l’enfance est un évènement grave,
que c’est la première expérience avec la mort que sa fille
affronte, que le deuil d’un enfant doit être accompagné… Et je
reste un peu déçue de n’avoir pu l’aider à comprendre le
besoin de la petite Héloïse. Un peu plus tard, voilà qu’Héloïse
revient en courant. Maman
est en train d’essayer des fringues, je peux regarder ton livre ?
C’est
alors que me vient l’idée. Je mets le livre dans un sac et le lui
offre. Cette fois, le sourire est radieux et elle s’échappe à
toute vitesse, son paquet sous le bras. Et moi ? Je suis
heureuse comme si j’avais gagné le Prix Nobel de littérature !
Padi fera compagnie à cette petite fille. Elle va l’aider à
exprimer ses émotions et soulager un peu la douleur de l’absence
de la grand-mère. Malheureusement, le sourire d’Héloïse et le
mien se sont éteints rapidement avec l’arrivée d’une femme en
furie qui me balance le livre, encore dans le sac en papier, et me
demande si c’est ma méthode pour obliger les clients à acheter
mes bouquins !
Voilà
comme un conte de fées peut se transformer en cauchemar.
D'ailleurs,
où peut-on vous rencontrer pour boire un café
et/ou
pour une petite dédicace ?
Pas
très facile, chère Audrey car je suis entre deux pays et toujours
en mouvement. Mais si vous m’envoyez un mail et me dites que vous
êtes de passage en Italie du Nord ou à Paris, ville que je
fréquente principalement, on peut se mettre d’accord. Ou à un
salon du livre ? Ou, pourquoi pas, si vous m’invitez à
participer à un salon, à tenir une conférence dans votre école,
votre centre culturel… je viendrai !
Une
petite chose à ajouter ?
Oui.
J’aimerais revenir en conclusion sur l’importance de la lecture.
Posons-nous la question : qui nous a initié à la lecture ?
Comment est né notre amour pour les livres ? Comment s’est
manifestée notre envie d’écrire ?
Un
enfant qui lit régulièrement aujourd'hui est un adulte qui ne
pourra plus se passer de lire. Si vous avez des enfants, aidez-les à
tomber amoureux des livres. Lisez avec eux, lisez pour eux. L’enfant
est un copieur (dans le bon sens du terme). Il suit le mécanisme du
mimétisme. Il fait « comme maman », « comme
papa ». Alors lisez, commentez ce que vous lisez, partagez
votre histoire, faites-le rire, en accord avec son âge bien sûr.
Aujourd’hui
la littérature jeunesse est absolument magnifique. Les livres sont
beaux, soignés, originaux, ont parfois des formes incroyables, des
matériaux bizarres qui attirent l’enfant. Suscitez sa curiosité.
Il délaissera peut-être la tablette, le Smartphone, les jeux
vidéos, la TV…
Nous
pourrons ainsi avoir des échanges plus profonds avec nos enfants, en
stimulant leur créativité, leur goût de l’imaginaire et cela
aura certainement un effet positif pour leur futur et pour celui de
l’humanité.
Le blog de l'auteure par ici !
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