15 mars 2018

#JeudiAutoEdition - Qui sont ces auteurs ? #67 - Zoom sur Amanda Costello



L#JeudiAutoEdition est un rendez-vous que je suis de très près depuis un petit moment et n'ayant pas toujours une lecture sous la main, je préfère mettre en avant un ou une auteur(e) auto-édité(e), ce qui, je l'espère, vous permettra de le ou la connaître un peu plus et pourquoi pas, la curiosité fera le reste ... 



Cette semaine, c'est au tour de Amanda Costello




Les présentations

Pour commencer, est-il possible de vous présenter en quelques mots ?
(Etudes, métier, loisirs, etc.)

En quelques mots dites-vous ? Si j’avais 20 ans, je vous répondrais « aucun problème, Audrey » mais quand on commence à compter par dizaines les kilomètres de l’existence, il devient difficile de « présenter en quelques mots » l’expédition d’une vie… Essayons, et tant pis pour vous si les « quelques mots » s’étirent, s’insinuent dans les interstices et finissent par squatter votre blog !

Je suis juriste de formation, spécialisée en Droit International Public et en Sciences politiques, et j’ai travaillé pendant de longues années dans le domaine des Droits Humains et en particulier dans la défense et la promotion des peuples et surtout des droits des femmes et des enfants en Amérique Latine où j’ai vécu très longtemps. Successivement, du monde juridique j’ai glissé vers celui de la psychologie pour venir en aide aux personnes détruites par les violences, tortures, simulacres d’exécution, menaces, dans le continent latino-américain. Pendant des années, j’ai côtoyé la souffrance et la mort. Cela a forgé mon âme et mon esprit, a orienté mes choix, a marqué définitivement mon chemin de vie et a bien évidemment influencé ma plume.
Je vous vois déglutir, chère Audrey. Ne vous inquiétez pas. Je m’arrête là. Ne me voyez surtout pas en Jeanne d’Arc ou Don Quichotte Guevariste, je suis juste une idéaliste éprise de justice qui a mis au service de ses valeurs ses connaissances et son énergie.

Les circonstances de la vie ont fait qu’ensuite je sois passée de la défense des peuples et des personnes contre la violence et l’injustice du pouvoir à la lutte contre la douleur inutile - conséquence de la maladie ou de la vieillesse – et contre le manque de respect et de dignité des patients en souffrance. Un nouveau cheval de bataille à enfourcher. Il m’a conduit à me dédier aujourd’hui aux soins palliatifs, à l’accompagnement en fin de vie, à m’occuper du processus du deuil chez les adultes et chez les enfants, à former les soignants et les accompagnants et à poursuivre mes recherches sur la vie, la mort et sur ce qui se passe après…

Pour ce faire, j’ai élargi mon domaine d’apprentissage suivant entre autres, une formation de counseling avec le docteur Carl Simonton, cancérologue américain, une autre en EFT (Emotional Freedom Techniques), en France, avec Geneviève Gagos et sur le deuil avec le docteur Michel Hanus. J’ai fondé différentes associations de bénévolat dans le domaine des Droits Humains, de la culture et des soins palliatifs. La dernière, je l’ai créée après la mort de mon mari des suites d’un cancer, l’Association Paulo Parra pour la Recherche sur la Fin de Vie – A.R.T. Je donne des conférences et des cours en communication, estime de soi, développement personnel, relation d’aide, accompagnement, soins palliatifs et deuil. J’accompagne des adultes et des enfants en séance individuelle ou en groupes de deuil.

Voilà pour le panorama rapide - façon Sélection du Reader’s Digest - des fameux « quelques mots » que vous m’avez demandés.
Passons à la partie sympa de votre question : les loisirs. Je fais partie de la catégorie des sportifs et des « Grands voyageurs ». J’ai l’avantage de parler cinq langues couramment et d’en baragouiner deux autres, ce qui me facilite grandement la communication. J’ai d’abord beaucoup voyagé pour mon activité d’observation et de défense des Droits Humains étudiant les peuples et leurs traditions, et suivant les enseignements de certains grands chamanes. Aux voyages confortables, j’ai toujours préféré l’aventure loin des sentiers battus. Aujourd’hui, ça n’a pas changé. Selon les lieux et les époques , à cheval, en voilier, en canoë, à pied… j’ai parcouru une partie de la Mongolie, les Andes, l’Amazonie, le Spitzberg, le Groenland, le Ladakh, le Yukon, les Etats Unis, le Sénégal, la Zambie, la Tanzanie et de nombreux pays d’Amérique Latine… enrichissant ainsi mon fonds documentaire de clichés et d’informations pour mes recherches et mes livres. Mais il me reste tant à découvrir !
Vous voulez que je résume ? D’accord. Je vais donc répondre façon quiz, chère Audrey.
Mes passions : Les  « Autres » , la lutte pour la Justice, la défense de la Planète. Élargir mes connaissances (physique quantique, spiritualité…), l’amour et la défense des animaux (je viens de perdre deux de mes chiens de vieillesse et ce fut un drame pour moi et pour ma petite dernière, une Bergère des Pyrénées). Les voyages aventureux et de découverte. L’équitation et les sports variés. L’écriture.

J’aime : tout ce qui, dans les rapports humains, est authentique et sincère, tout ce qui est empreint d’humilité intellectuelle, la reconnaissance des propres limites, le sens de gratitude, la recherche du bonheur et de la joie, les valeurs pour lesquelles cela vaut la peine de s’engager et de donner un sens à la vie, la découverte, la connaissance…

Je n’aime pas : la lâcheté, l’orgueil, l’égoïsme, la trahison, le manque de respect de la parole donnée, la violence… 



Quel genre littéraire appréciez-vous lire ?
Quel est votre top 5 des auteurs favoris ?


Quand on a déjà passé 2/3 de son existence, il est difficile de faire une liste (Lol !). Mon cœur a toujours vibré pour la littérature latino-américaine et russe, puis pour les grands classiques et le filon des Existentialistes. Dans la littérature contemporaine Sartre, Camus, Jean d’Ormesson, Simone de Beauvoir, Elena Ferrante, Virginia Woolf, Marie Niaye, Marguerite Duras, Isabelle Allende, Stephen King… Mais je me sens injuste envers toutes celles et ceux qui me viennent à l’esprit et que je ne peux citer ici.

Je tiens aussi à mentionner des auteurs autoédités ou indépendants, les fameux Indés, parmi lesquels, dans des genres différents, j’ai découvert de vraies perles : Alice Quinn, Lydia Valldepérez, Chris Simon, Jean-Philippe Touzeau, Luca Tahiteazym, Rebecca Greenberg, Solène Bakowski, Amélie Antoine, Alexis Arend, Olivier Bal, Jacques Vandroux, Georges Vermard, Isabelle Rozen-Marie…






 Votre vie d'auteure 

Depuis quand vous êtes-vous intéressée à l'écriture ?

La passion pour l’écriture passe d’abord par la passion pour la lecture. Et celle-ci naît dés l’enfance. Mes parents lisaient, mes grands parents aussi et donc j’ai pris mon bain dans la cuvette lecture. Un grand-père maternel ingénieur qui écrivait des pièces de théâtre en Alexandrins, une mère qui dévorait les livres et écrivait des poésies et d’autres tendances littéraires familiales m’ont certainement inculqué le virus. Enfant et adolescente, je lisais et j’écrivais. Poésies, nouvelles, pièces de théâtre que je montais réquisitionnant amies et cousins. Mon engagement politique pour les Droits de l’Homme m’a ensuite éloignée de l’activité littéraire et mes écrits se sont spécialisés en rapports, études, analyses…
Ce n’est que vers les années 90 que j’ai repris la plume, pourrait-on dire, acceptant de participer à un Prix littéraire, celui de l’Académie Arts-Science-Lettre de Paris. Je gagnais le Prix Jacques Chabanes de l’Académie avec une nouvelle « Le Cristal de Iemanja ». Cette nouvelle est publiée aujourd’hui dans un recueil de nouvelles « Les Amours Impossibles des Femmes qui ont changé le Monde ».

Ce fut l’époque où nous avons découvert le cancer de mon mari. Délaissant mes activités professionnelles pour le soigner, je me mis à écrire en étant à ses côtés. Ainsi est né « Un Alien nommé Docteur Crabe  », inspiré à la lutte d’un couple contre le cancer. Ce livre a touché de nombreux lecteurs et lectrices car malheureusement beaucoup traversent ce genre d’épreuves. Le cancer a gagné et je me suis retrouvée, après le Tsunami que provoque la perte de l’être aimé, à reconstruire le puzzle de ma vie. J’ai fondé une association après son décès pour aider les personnes en train de vivre le même type de situation et j’ai développé mon travail de formation du personnel soignant et mes recherches sur la fin de la vie.

Je vis entre la France et l’Italie. Mes activité et mes écrits sont donc dans les deux langues et tous mes livres ou presque sont disponibles dans les deux langues.



Qu'est-ce qui peut faire l'objet d'inspiration pour vous ?

- Mes expériences avant tout. Quand on a eu une vie mouvementée comme la mienne, les souvenirs se sont entassés dans une immense caverne d’Ali Baba. Ce ne sont pas que les mémoires accumulées, mais ce qu’on en a fait qui peut devenir source d’inspiration. Le souvenir n’est jamais exact. Il a été en partie effacé, transformé, adouci ou interprété différemment. On tire les leçons du vécu, de ses propres échecs, des blessures mal cicatrisées, des batailles perdues et des victoires arrachées et tout peut devenir matière pour un roman ou un essai.

- Mon activité auprès des personnes que j’aide est aussi une source d’inspiration. Les histoires des autres, leurs souffrances, leurs espoirs, leurs rêves… tout est à l’origine de réflexions qui seront un jour couchées sur le papier ou sur l’écran d’une liseuse. C’est ainsi qu’a vu le jour « Padi et l’aventure de la vie », un livre illustré et interactif, destiné aux enfants, pour parler ensemble du cycle de la vie, des joies et des douleurs, de la naissance et de la mort.

- Mon travail de thérapeute, de formatrice qui me permet d’identifier des difficultés partagées par de nombreuses personnes et me poussent à écrire sur des sujets d’intérêt général, comme ce manuel « Dormez ! Retrouvez votre sommeil d’enfant - Secrets, exercices, remèdes naturels et efficaces » ou le manuel dans lequel je suis plongée en ce moment « Le deuil, l’affronter pour renaître » avec une partie anthropologique et une autre très pratique.

- Mes voyages, mes rencontres avec les peuples, les enseignements de maîtres et de chamans qui m’ont permis d’entrevoir au-delà de l’apparence de notre Dimension. C’est probablement suite à ces expériences que j’ai ressenti le besoin d’en parler et qu’est né « Le Voyage Initiatique d’Elena – Une Rencontre au-delà du Temps et des Mondes ».

- Le monde animal que j’aime, respecte et défends et avec lequel j’apprends à communiquer et le monde végétal que j’ai découvert avec les chamans. Les émotions du quotidien, la beauté de la création qui nous entoure et dont je ne me lasse pas.

- Mon travail de recherche dans le domaine de la spiritualité qui m’ouvre à des horizons insoupçonnés sur le sens de la vie.

- Mon activité dans le bénévolat qui a inspiré « Le Mystère du Palais Farnese ».


Quel est votre rythme d'écriture ?

Ma chère Audrey, je dois plaider coupable ! Il m’est impossible de m’atteler avec régularité et constance au devoir de l’écriture. Je voudrais bien, mais mes activités multiples me rendent cela impossible. Accordez-moi cependant les circonstances atténuantes. Je fais passer mes engagements solidaires avant l’écriture, certes, mais ce sont les priorités que j’accorde aux personnes en difficulté, à mes recherches sur des projets dans le domaine de la conscience, de la physique quantique, de mon besoin d’étudier chaque fois davantage car le processus de connaissance me fascine. S’il faut définir une période, disons que j’écris volontiers le soir tard et même très tard, mais sans régularité prédéfinie. La seule contrainte temporelle que je m’impose est la présentation d’un travail pour un cours, une conférence avec une date imposée. Mais ce qui me pousse à décider si je « dois » écrire est avant tout la réponse à donner à la question « qu’est-ce que j’ai à dire ». L’écriture pour moi n’est pas une activité productive, même si elle peut le devenir pour certains. L’écriture est-elle un métier ? Il me serait difficile de répondre. Le débat est ouvert.


Si vous pouviez donner vie à l'un de vos personnages, lequel choisiriez-vous ?

Elena. C’est le personnage principal d’un livre pour moi très important « Le voyage Initiatique d’Elena ». Un roman « initiatique », un conte philosophique, spirituel, fantasy destiné à un public d’adultes et de grands adolescents. Le thème est sans aucun doute d’actualité puisqu’il s’agit du passage de la vie à la mort, la dimension de la mort et de ce qui se passe dans cet « ailleurs » qui inquiète et séduit à la fois.
Elena est une jeune fille, qui au cours d’un « voyage initiatique » truffé d’aventures rocambolesques, tendres, inquiétantes, rencontre des guides. Ils vont l’aider à comprendre la vraie nature de la mort, le parcours et le sens de la vie, la responsabilité individuelle et collective envers les humains, les animaux et la nature, le rapport à l’Autre, la relation avec les émotions, la notion du temps et de l’espace, le respect des valeurs. Tout se déroule dans un monde fantastique qui, par certains aspects, pourrait être le nôtre, un jour à venir, mais qui appartient au domaine de l’imaginaire, de l’inconscient, du rêve ou peut-être… d’une dimension parallèle.
Elena rencontre l’être de lumière Pallium et le cheval-rune Ehuaz qui vont lui faire comprendre ce qui se passe après la mort physique. Elena devient « passeuse d’âmes » et va aider à faire comprendre que le concept de mort comme fin n’existe pas. La conscience perdure et poursuit son cheminement dans une autre dimension.


Sur quel(s) projet(s) travaillez-vous actuellement ?

Comme je l’ai dit plus haut sur un ouvrage sur le deuil. Son titre provisoire est « Le deuil, l’affronter pour renaître ». Je n’ai pas voulu réaliser juste un vade-mecum pour personnes en deuil, mais offrir une réflexion plus approfondie. Quand on parle de deuil, on ne peut bien évidement exclure la mort. Pourtant nous vivons comme si la mort était un rendez-vous à éviter, à remettre à plus tard, qu’on aimerait pouvoir déléguer. Le deuil nous renvoie à notre rapport intime avec la mort.
Donner des solutions, des remèdes pour vivre le deuil, le mieux possible, ne résout pas le problème car inévitablement, la douloureuse situation liée à la perte d’une personne aimée se représentera au cours de notre vie. Il peut donc être utile de prendre un temps pour penser à la mort, à notre mort et à celle des personnes qui nous sont chères. Notre système de valeurs évolue. Il suit le cours du développement de la société, les modes, les lieux, les cultures, les religions. Nombreux sont les facteurs qui influencent notre façon de considérer la mort, le respect de la vie, notre rapport au corps, etc. La vision de la mort en Occident n’est pas la même que celle de l’Orient.
Sans trop m’éloigner de notre berceau culturel, j’ai voulu dans ce travail proposer une partie anthropologique qui permet d’observer comment notre relation à la mort a changé jusqu’à aujourd’hui et une autre très pratique, photographie bienveillante des émotions que nous traversons lors de la perte d’un être aimé avec des propositions pour comprendre, accepter et renaître, en s’appuyant sur des exercices et des techniques pour reconstruire notre équilibre.

À côté de ce livre, un autre attends son tour, « La Secte de la Lune Rousse ». Il est bien avancé mais a besoin encore d’un sérieux travail. C’est une fiction sur le phénomène des sectes, une histoire inventée mais construite cependant sur des connaissances de faits réels.

En parallèle, je travaille sur un projet de recherche sur les NDE, Near Death Expeience ou EMI Expériences de Mort Imminente, mieux définies aujourd’hui comme Expériences de Mort Provioire.


Comment avez-vous vécu l’enthousiasme des premiers lecteurs ? Le retour des critiques, positives comme négatives.

Il est indéniable que lire les critiques positives des lecteurs est extrêmement gratifiant pour l’auteur/e. Ce qui intrigue, c’est l’identité, dans la plupart des cas, inconnue de la personne qui laisse un commentaire. Après avoir exclu éventuels membres de la famille ou amis intimes, ce qui est intéressant c’est de lire les réactions de personnes dans on ignore le nom, la provenance, l’activité, l’âge… Et c’est là que se situe la magie de l’autoédition, la publication des auteurs indépendants. Un rapport se crée, direct, immédiat entre l’auteur/e et ses lectrices et lecteurs. Ce lectorat s’exprime aussi sur Facebook et Twitter et, petit « miracle », une relation peut se créer à l’occasion de rencontres dans des salons du livre, quelque part en France. C’est, sans aucun doute, une des grandes opportunités que permet l’autoédition et les nouveaux instruments représentés par Amazon et Facebook, principalement.

J’ai peut-être eu beaucoup de chance, mais de tous mes livres publiés (et ils sont tous sur Amazon), je n’ai eu qu’une seule critique négative pour « Le Mystère du Palais Farnese ». Tous les autres commentaires m’ont tous été très favorables. C’est très stimulant. Cela signifie probablement que la communication est bien passée avec mon lectorat. Vu le type le type d’ouvrages que j’écris, ce qui me fait plaisir c’est de penser que mes livres ont également pu servir à quelque chose de positif dans la vie de ces personnes.

Un commentaire aide à repenser à son travail. Les réactions soulignent un aspect qui a touché, interpelé. Une critique négative peut permettre une amélioration, si naturellement elle est faite dans le respect de l’auteur/e car il existe aussi des personnes malveillantes qui, sous le couvert de l’anonymat, se permettent d’insulter ou dénigrer l’œuvre publiée.






 La publication 

Comment s'est passé votre parcours pour l'auto-édition ?

Je suis auto éditée et j’ai publié en version e-book et papier sur Amazon. Mes livres et nouvelles ont reçu des prix en France et Italie. Au début je pensais que l’autoédition signifiait auto-publication. J’ai suivi le cours de Christian Godefroy « le Kindle Bank System » il y a quelques années qui m’a ouvert les yeux et où j’ai beaucoup appris.

Pourquoi je me suis intéressée à l'auto édition ? Comme beaucoup, je crois. Parce que malgré mes efforts pour cibler correctement des maisons d’édition pour mes livres, les réponses étaient pour le moins décourageantes. N’oublions pas la partie économique : le coût très élevé pour imprimer les manuscrits, la dépense de l’emballage et des frais postaux. À cela s’ajoute le temps perdu et l’attente… l’attente infinie celle que l’on ressent dans « Le désert des Tartares » de Dino Buzzati ! Une attente de six, neuf, douze mois qui souvent se solde sans réponse ou par une réponse laconique, la même pour tous. Parfois, il arrive que la réponse soit argumentée et mette un peu de baume sur la blessure. Par exemple, un éditeur m’a écrit : « votre livre est très intéressant, il ouvre sur de grandes prospectives, il peut toucher beaucoup de personnes, il est très bien écrit, mais… c'est un sujet risqué, difficile à vendre. » C’était pour «  Le Voyage Initiatique d'Elena ».
Un éditeur important dont je tairai le nom, m'a même dit : « éliminez la partie spirituelle, la partie trop axée sur la mort, conservez l’action très bien menée et transformez votre livre en un roman d'aventure, genre Harry Potter (…) ». No comment !

Voilà pourquoi je me suis ensuite intéressée aux possibilités qu'offraient CreateSpace pour la version papier de mes livres et KDP pour l'e-book.



Pour vous, quels sont les avantages ainsi que les inconvénients
de cette méthode de publication ?

Au niveau des avantages, l’autoédition permet la totale liberté aux auteur/es et cela vaut son pesant d’or. Tout se passe en direct. L’auteur ne dépend de personne, ne doit rendre compte à qui que ce soit, choisit son titre, sa couverture, établit une relation directe avec son lectorat sans filtre, fixe son prix de vente, décide ses campagnes de promotion, peut proposer ses livres à des concours, les vendre dans des salons, dans les espaces culturels des grandes surfaces, sur son blog ou site, sur sa page Youtube, sur des plateformes, sur les réseaux sociaux… Bien sûr cela représente une masse de travail, d’organisation, de gestion. Cela signifie aussi apprendre des techniques de communication, s’appuyer sur des compétences externes, graphistes, correcteurs, etc. C’est le prix de la liberté.

Tous mes livres sont actuellement disponibles en autoédition sur Amazon, en version e-book et papier. La seule exception est le livre pour enfants « Padi et l’aventure de la vie » qui est proposé seulement en version papier. C’est un ouvrage magnifique, en A4, de 134 pages en quadrichromie avec plus de 200 photos et dessins. Il pourrait être lu sans problème sur un ordinateur mais la technologie actuelle ne permet pas de le mettre sur Kindle. Il y a encore quelque temps, il n’était pas possible de le publier avec le système de Print on demand d’Amazon. Le coût de l’exemplaire était prohibitif. Aujourd’hui, c’est faisable et le livre est parfait, avec un prix plus que raisonnable au vu de la qualité.

L’inconvénient ? C’est la non visibilité en librairie. C’est le refus des libraires de prendre en dépôt des livres autoédités. L’autoédition est aujourd’hui une réalité et le monde de l’édition et de la diffusion ne peut plus l’ignorer et pourtant…
Pour un livre comme celui destiné aux enfants, c’est un handicap, car ce livre aurait besoin d’être disponible en librairie pour les familles, les enseignants, les soignants, les bibliothèques… J’espère un jour trouver l’éditeur engagé capable de se lancer avec « Padi et l’aventure de la vie ».


- Les petits plus -


Avez-vous une petite anecdote lors d'une rencontre avec vos fans ?

C’est une expérience à la fois tendre et un peu triste. Un jour, j’étais dans l’espace culturel d’un grand magasin qui avait accueilli mes livres et je présentais mes livres aux personnes intéressées. Sur ma table mes ouvrages pour les adultes et naturellement le seul que j’ai écrit pour les enfants « Padi et l’aventure de la vie ». Une dame et une petite fille s’approchent et pendant que je réponds aux questions de la maman sur mon livre « Les Amours Impossibles des Femmes qui ont changé le monde », la petite feuilletait le livre de Padi. La dame remercie et s’en va visiter d’autres rayons de livres. Quelques minutes plus tard, la fillette revient et m’interroge sur les personnages de mon livre tout en continuant à regarder chaque page. Elle s’arrête sur les deux pages où les dessins illustrent le parallélisme entre la vie d’un chat et celle de Padi. Et, elle me demande : C’est comme ça aussi pour ma grand-mère, n’est-ce pas ? Ne connaissant pas l’histoire de cette famille, je lui demande d’abord son prénom Héloïse, me dit-elle avec un sourire tristounet. Je choisis de répondre de façon assez générale et lui explique que c’est ainsi pour chacun et chacune de nous. Et elle continue : Tu sais, ma grand-mère, c’est comme dans ton livre. Moi aussi, je lui ai porté des fleurs. Il est vrai ton livre. La dame cherchant sa fille l’aperçoit en conversation avec moi et revient. L’enfant lui demande d’acheter mon livre. Mais la maman n’est pas du même avis et l’entraine avec elle en s’excusant pour le « caprice » de sa fille. En partant, elle glisse à voix basse : Vous savez, elle vient de perdre sa grand-mère… ma belle-mère, et elle est un peu déboussolée. Elle s’y habituera. Avec le temps, tout passe. La femme s’en va, pressée de se libérer de cette situation. Je ne peux donc pas lui expliquer que le temps n’efface pas tout, que la perte d’une grand-mère dans l’enfance est un évènement grave, que c’est la première expérience avec la mort que sa fille affronte, que le deuil d’un enfant doit être accompagné… Et je reste un peu déçue de n’avoir pu l’aider à comprendre le besoin de la petite Héloïse. Un peu plus tard, voilà qu’Héloïse revient en courant. Maman est en train d’essayer des fringues, je peux regarder ton livre ? C’est alors que me vient l’idée. Je mets le livre dans un sac et le lui offre. Cette fois, le sourire est radieux et elle s’échappe à toute vitesse, son paquet sous le bras. Et moi ? Je suis heureuse comme si j’avais gagné le Prix Nobel de littérature ! Padi fera compagnie à cette petite fille. Elle va l’aider à exprimer ses émotions et soulager un peu la douleur de l’absence de la grand-mère. Malheureusement, le sourire d’Héloïse et le mien se sont éteints rapidement avec l’arrivée d’une femme en furie qui me balance le livre, encore dans le sac en papier, et me demande si c’est ma méthode pour obliger les clients à acheter mes bouquins !
Voilà comme un conte de fées peut se transformer en cauchemar.


D'ailleurs, où peut-on vous rencontrer pour boire un café
et/ou pour une petite dédicace ?

Pas très facile, chère Audrey car je suis entre deux pays et toujours en mouvement. Mais si vous m’envoyez un mail et me dites que vous êtes de passage en Italie du Nord ou à Paris, ville que je fréquente principalement, on peut se mettre d’accord. Ou à un salon du livre ? Ou, pourquoi pas, si vous m’invitez à participer à un salon, à tenir une conférence dans votre école, votre centre culturel… je viendrai !





Une petite chose à ajouter ?

Oui. J’aimerais revenir en conclusion sur l’importance de la lecture. Posons-nous la question : qui nous a initié à la lecture ? Comment est né notre amour pour les livres ? Comment s’est manifestée notre envie d’écrire ?
Un enfant qui lit régulièrement aujourd'hui est un adulte qui ne pourra plus se passer de lire. Si vous avez des enfants, aidez-les à tomber amoureux des livres. Lisez avec eux, lisez pour eux. L’enfant est un copieur (dans le bon sens du terme). Il suit le mécanisme du mimétisme. Il fait « comme maman », « comme papa ». Alors lisez, commentez ce que vous lisez, partagez votre histoire, faites-le rire, en accord avec son âge bien sûr.
Aujourd’hui la littérature jeunesse est absolument magnifique. Les livres sont beaux, soignés, originaux, ont parfois des formes incroyables, des matériaux bizarres qui attirent l’enfant. Suscitez sa curiosité. Il délaissera peut-être la tablette, le Smartphone, les jeux vidéos, la TV…
Nous pourrons ainsi avoir des échanges plus profonds avec nos enfants, en stimulant leur créativité, leur goût de l’imaginaire et cela aura certainement un effet positif pour leur futur et pour celui de l’humanité.


Le blog de l'auteure par ici !


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