5 janv. 2017

#JeudiAutoEdition - Qui sont ces auteurs ? #11



Le #JeudiAutoEdition est un rendez-
vous que je suis de très près depuis un petit moment et n'ayant pas toujours une lecture sous la main, je préfère mettre en avant un ou une auteur auto-éditée, ce qui, je l'espère, vous permettra de le ou la connaître un peu plus et pourquoi pas, la curiosité fera le reste ... 




Cette semaine, c'est au tour de Florence Duquesne


florence duquesne


Pour commencer, pouvez-vous nous faire une petite présentation rapide pour ceux et celles qui ne vous connaissent pas encore ? (D'où vous venez, les études faites, etc.)

J'ai eu plusieurs vies, j'ai souvent changé d'activités et de pays. En France, j'ai travaillé avec le groupe Bérurier Noir, avec Sergent Garcia et avec la Compagnie Tamèrantong, génialissime troupe d'enfants acteurs.




Quel est votre univers livresque ?

De Laurence Sterne à Paul Auster chez les anglos en passant par Nabokov et Salman Rushdie. Une lignée impressionnante qui me fait me sentir toute petite. Chez les français, j'admire particulièrement Sylvie Germain qui construit une oeuvre puissante et originale.




Qui vous a donné l'envie d'écrire à votre tour ? Quel est votre objectif lorsque vous écrivez ? (Donner du plaisir, vous évader, faire partager, etc.)

Helno, chanteur des Négresse Vertes m'a donné envie d'écrire. Le meilleur de sa génération, poète sans frontière, toujours écouté en Angleterre ! J'ai commencé par écrire des chansons, puis des poèmes. Je suis ensuite passée à l'écriture de romans que j'ai tardé à publier. J'aime avant tout jouer avec les lecteurs/lectrices pour installer une complicité entre eux et moi. Je construis mes livres comme des énigmes où le sens peut paraître flottant. C'est à chacun/chacune de le reconstruire à sa manière. Les fins ouvertes sont pour moi le moyen de rendre définitivement la parole aux lecteurs. Je laisse des pistes; je balise mais c'est à celles et ceux qui me lisent de recréer le sens pour leur compte.




Comment s'est déroulé l'écriture du roman (ou des romans) ?

J'ai écrit Illusions parallèles en un mois en écrivant tous les jours. J'ai mis ensuite plus d'un an et demi à le retravailler. J'accorde de l'importance à chaque détail, à chaque phrase puis je fais relire le texte par une amie pro de la grammaire et de la syntaxe et nous discutons. Je laisse des imperfections lorsqu'elles me parlent, lorsque les maladresses sont porteuses de signification. Je m'y suis prise de la même façon pour Cuit sur le vif.




Vous imposez-vous un rythme d'écriture ou écrivez-vous quand l'inspiration est là ?

Je choisis une période de congés dans le but d'écrire un nouveau roman tout en sachant que le véritable travail commencera ensuite. Le premier jet est une libération. Écrire sans répit est pour moi un véritable plaisir. J'analyse ensuite mon texte comme si quelqu'un d'autre l'avait écrit. Je traque les incohérences de lieux, de noms de personnages, de dates et vérifie que le texte fonctionne.




Pourquoi avoir choisi l'auto-édition ?

J'ai choisi l'auto-édition parce que beaucoup de maisons d'éditions ne lisent que des manuscrits papiers et j'aurais aimé pouvoir leur envoyer mes romans en un clic.
J'ai choisi l'auto-édition après une mauvaise expérience auprès d'un éditeur qui a fait faillite depuis.
J'ai choisi l'auto-édition parce que je vis à l'étranger et que face à mon ordinateur je suis un peu en France.



Comment avez-vous vécu l’enthousiasme des premiers lecteurs ? Le retour des critiques, positives comme négatives.

Il m'arrive d'entendre tout et son contraire au sujet du même livre : « J'ai lu les trois-quarts du livre avec plaisir puis j'ai décroché », « Je me demandais quand le livre décollerait. C'est la fin qui fait tout son intérêt. » Au sujet d'Illusions parallèles un lecteur a écrit sur Amazon : « Intrigant ou agaçant ? J'ai ressenti quelque agacement sans pour autant parvenir à l'abandonner. » Réflexion faite, même si le lecteur n'a mis que trois étoiles au roman, je trouve cette critique plutôt positive.



Comment s'est passé le choix de la couverture du roman ? Y avez-vous participé ? Si non, qu'auriez-vous changé ?

La couverture ! Beaucoup plus difficile de créer une couverture que d'écrire un livre :)) Une véritable angoisse. J'ai donc opté pour une couverture de base réutilisable pour chacun de mes romans avec un fond différent pour donner une unité à l'ensemble : des tranches de vinyles comme autant d'illusions parallèles pour le roman du même nom et une capture d'écran de cellules au microscope, retravaillées sur Photoshop, pour Cuit sur le vif.




Si vous pouviez donner vie à l'un de vos personnages, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

Je choisirais VD (Valérie Domenech) mère « parfaite » ou égérie grunge selon les époques et les miroirs dans lesquels elle se reflète. VD pourrait parfaitement quitter Illusions parallèles pour se métamorphoser à souhait puisque les droites parallèles représentent une infinité d'existences potentielles. Elle garderait cependant toujours un côté désagréable dû à sa perfection latente même sous les masques les plus hétéroclites. C'est la perfection qui fait d'elle un monstre.



Sur quel projet êtes-vous en ce moment ?

J'ai terminé À tous les échos, roman à paraître en avril/mai qui fonctionne comme une enquête : retrouver le secret de famille qui hante les personnages et le texte.
J'écris des nouvelles et des poèmes que je publie sur Short Édition.
J'espère aussi avoir le temps de proposer un autre roman, Body Teller, sur Wattpad, sous forme de feuilleton.




Auriez-vous des conseils d'écriture pour nos jeunes débutants ?

Ne pas s'auto-censurer même s'il faut parfois du courage pour assumer certains choix. Faire preuve d'une redoutable organisation qui me fait encore parfois défaut.




Un petit mot pour la fin ?

Cuit sur le vif occupe une place particulière parmi mes livres. Je l'ai écrit à la mort de mon père et Jean-Luc Romero — président de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité — a accepté d'en écrire la préface. Ce livre n'est pas uniquement un témoignage sur une fin de vie entachée de souffrance inutile. C'est un hommage et une réécriture. Je m'y représente sous les traits d'Alice qui a pour père un autre moi. J'ai fait de mon père un auteur alors qu'il n'écrivait pas. J'ai ainsi souhaité me présenter comme son héritière. Je suis partie de faits réels qui ont débouché sur une fiction qui dit la douleur mais aussi l'espoir.



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