1 déc. 2016

#JeudiAutoEdition - Qui sont ces auteurs ? #8



Bonjour tout le monde,

Les habitués du blog l'auront remarqué, depuis plusieurs mois, je suis devenue une grande adepte de l'auto-édition (et j'adore !). J'ai donc remarqué que beaucoup de jeunes auteur(e)s cherchaient à se faire connaître et pour les aider, en humble lectrice que je suis, chaque semaine, je mettrais en avant un auteur en lui posant quelques questions ! 





Cette semaine, c'est au tour de E.R. Link  



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Pour commencer, pouvez-vous nous faire une petite présentation rapide pour ceux et celles qui ne vous connaissent pas encore ? (D'où vous venez, les études faites, etc.)

Bonjour et merci d'avoir accepté de me rencontrer pour cet échange.
Je m'appelle E.R. Link, auteure de romans d'aventures young adult : un conte pour le premier, steampunk pour les 3 suivants et science fiction / anticipation pour le dernier, en cours d'écriture.
E.R. correspondent aux initiales de mes véritables prénoms et noms. Link, vient du pseudo attribué par mes lecteurs sur le net, voilà des années. J'ai conservé ces deux aspects à travers mon nom de plume, puisque c'est aussi bien ma vie réelle, que ma vie virtuelle qui m'a construite en tant qu'auteure.
Sinon, je vis dans le sud de la France, j'exerce le beau métier de professeure des écoles et je détiens une maîtrise de Lettres Modernes, spécialisée en écriture créative.





Quel est votre univers livresque ?

En tant qu'auteure, Je ne me fige pas dans un style, dans un genre. Mon premier roman, les Compagnons de l'Arc-en-Ciel évoluait dans notre monde, au XXIe siècle à travers la réécriture, version urban fantasy, de contes traditionnels (le petit chaperon rouge, la Belle au Bois Dormant, Cendrillon, etc.)
Mes trois suivants, Un Air de Liberté, Strawberry Fields et Question de temps se déroulent dans un univers Steampunk, dont j'apprécie l'esthétique raffinée et élégante, que j'ai créé de toutes pièces : la Terre des Brumes. Mais là encore, 3 romans, 3 styles. Ils peuvent être lus indépendamment les uns des autres. Les personnages, les histoires sont différentes. Le premier est léger, facile, un roman « fast food » comme je les appelle, plaisant pour le dépaysement et la détente, il s'agit d'un roman d'aventures. Le second est une romance assumée, une histoire d'amour unique, exclusive, absolue comme on n'en trouve que dans les romans (c'est bien à ça que ça sert, non ?). Le troisième est une histoire de pirates et de chasse au trésor.
Mon projet en cours sera une trilogie de science-fiction. Je change de genre au gré de mes humeurs, de mes envies.

       



En tant que lectrice, mes goûts sont tout aussi éclectiques, je peux passer d'un essai philosophique, à un classique, en passant par un roman de gare sans aucun souci. Du moment que le style de l'auteur et le rythme de son histoire me séduisent, je suis ouverte à tous les genres, tous les styles. Tout dépend de mon humeur, parfois on ressent le besoin de lire un roman léger, sans prise de tête, et parfois de réfléchir davantage. La littérature est assez vaste pour répondre à tous nos besoins. Il serait dommage de se cantonner à un seul type d'écrits.





Qui vous a donné l'envie d'écrire à votre tour ? Quel est votre objectif lorsque vous écrivez ? (Donner du plaisir, vous évader, faire partager, etc.)

Personne ne m'a donné envie d'écrire. J'ai toujours eu ça en moi. J'ai besoin d'écrire, comme d'autres ont besoin de danser, jouer d'un instrument, dessiner, ça ne s'explique pas. Lorsque j'écris, mon postulat de départ est égoïste : j'écris d'abord et surtout pour moi et mon lecteur parfait (à savoir mon mari, qui est le pire lecteur de la Terre au passage. Il critique et décortique le moindre de mes événements, la moindre de mes phrases. Mais je l'aime aussi, et surtout, pour ça. Il m'amène à repousser mes limites. C'est le plus mauvais public que je connaisse).
J'écris des histoires que j'aurais aimé lire moi-même en tant que lectrice. J'écris parce que, se glisser dans la peau de différents personnages, dans différents mondes, c'est aussi bien s'évader du quotidien que s'octroyer le droit de mener plusieurs existences en une seule.
J'aime l'idée de transporter les lecteurs dans mon univers et de les emmener eux aussi, peut-être, à revêtir une peau différente de la leur, le temps d'une aventure.






Comment s'est déroulé l'écriture du roman (ou des romans) ?

Chaque histoire s'avère une nouvelle expérience d'écriture. Je pars de l'idée générale, puis je construis mentalement mes personnages. Je laisse leur personnalité grandir et mûrir en moi. Parallèlement, je réalise des recherches (si j'ai besoin d'un contexte particulier), je pose les bases de mon univers dans des carnets, je dessine des cartes, des portraits.
Lorsque je sais un peu mieux où je vais, je rédige une sorte de plan, découpé en chapitres. Ensuite j'en démarre la rédaction. Si j'ai bien accompli mon boulot, si mes personnages deviennent vivants, ils foutent tout en l'air au chapitre 2, et je me vois contrainte de repenser l'histoire différemment.
Je me sens très proche de Stephen King dans ma façon de travailler et d'écrire, telle qu'il l'a décrite dans son excellent livre : mémoire d'un métier, écriture. Lecture que je conseille à tous.






Vous imposez-vous un rythme d'écriture ou écrivez-vous quand l'inspiration est là ?

Les deux sont intimement liés chez moi. Si j'ai l'inspiration, le rythme s'impose de lui-même. Toutefois, j'essaye d'écrire tous les jours, parfois des pages, des chapitres entiers, parfois deux phrases. L'important c'est la régularité.






Pourquoi avoir choisi l'auto-édition ?

On ne va pas se mentir, j'ai tenté l'édition. J'ai envoyé mes manuscrits à des éditeurs. Je n'ai même pas reçu de lettres de refus. Rien. À se demander si les manuscrits ne se sont pas tous perdus.
Un peu dépitée, et croyant quand même à mes histoires, j'ai ouvert des blogs à partir de 2005 pour les partager auprès d'un public inconnu, qui n'aurait aucune complaisance à me fustiger s'il estimait mon travail mauvais.
J'ai reçu des centaines de coms, des encouragements, des demandes de publication des livres. Du coup, j'ai cherché un moyen de leur proposer des versions papiers des textes. Puis j'ai découvert l'auto-édition numérique avec le système KDP d'Amazon, et j'ai tenté l'aventure. Je ne regrette pas. Je ne bénéficie pas de la puissance promotionnelle d'une ME, mais avec le temps, je me suis constitué un lectorat fidèle, qui essaye de me faire connaître dans leur entourage, par le biais des réseaux sociaux, ou des blogueurs, comme toi, que j'ai eu le plaisir de rencontrer au hasard de mes pérégrinations sur le Web.
Après tout, c'est bien la finalité de l'auteur d'être lu. De ce point de vue, l'auto-édition remplit son rôle, pour ma part.






Comment avez-vous vécu l’enthousiasme des premiers lecteurs ? Le retour des critiques, positives comme négatives.

C'est toujours un plaisir, bien sûr. On ne va pas se mentir, là non plus. Si on publie c'est qu'on espère être lu, quelque soit sa forme. Si on espère être lu, on espère aussi que ça plaise. Je ne pense pas qu'un auteur ait un jour publié une œuvre en se disant : « pourvu que tout le monde trouve ça minable et me crache à la figure. »
Les retours positifs sont un pur baume au cœur. L'écrivain mène un travail solitaire. On a beau relire, réécrire, recommencer, s'autocritiquer, quand on a le nez dans le guidon, ce n'est jamais évident de garder un œil objectif. Lire des retours, c'est obtenir un regard extérieur sur son travail, et prendre aussi une distance salvatrice avec un matériau quasi organique que l'on a livré au public. Je compare souvent l'écriture à un accouchement. C'est un acte douloureux, long, mais aussi merveilleux. Quand une mère accouche, aucune n'a envie de s'entendre dire : « mon dieu, mais qu'il est vilain », en parlant de son bébé.
Après, lorsque ça arrive, il faut aussi savoir prendre du recul. Les critiques gratuites blessent. Le cœur est atteint. Mais quand elles sont argumentées, il suffit de mettre son ego de côté (après avoir hurlé à son miroir que le commentateur est un-sale-enfoiré-qui-ne-comprendra-jamais-rien-à-mon art, ça ne sert à rien mais ça soulage), de reprendre son travail avec un œil extérieur, et bien souvent, on réalise que la personne avait raison.





Comment s'est passé le choix de la couverture du roman ? Y avez-vous participé ? Si non, qu'auriez-vous changé ?

Je choisis mes couvertures en fonction d'un élément clé de l'intrigue du livre. Je les dessine entièrement moi-même. Je suis satisfaite de celles de mes trois romans steampunk : Un Air de Liberté, Strawberry Fields et Question de temps. Je n'aime plus celle des Compagnons de l'Arc-en-Ciel, à chaque fois je pense à la reprendre, hélas, je manque de temps. À l'occasion...






Si vous pouviez donner vie à l'un de vos personnages, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

Trop difficile. Autant demander à une mère de choisir lequel de ses enfants elle préfère. Tout ce que je répondrai sur la question, c'est que le seul personnage auquel je ne donnerai pas vie serait Charlaine de Strawberry Fields. C'est plus simple pour moi de répondre comme ça.






Sur quel projet êtes-vous en ce moment ?

Je travaille sur un roman de science fiction, à tendance anticipation / post apocalyptique. J'ai écrit les deux tiers de la première des trois parties de l'histoire. J'en suis déjà à 260 pages ! Je n'aime pas rédiger des romans à suites, avec pléthore de tomes, je suis une adepte du one-shot. Toutefois, je crois que je vais être obligée de la publier en trois volumes. Je pense aux pauvres lecteurs qui investiront dans la version papier. Un dictionnaire de 900 pages sur les genoux, ça va vraiment pas le faire !
Mais je ne construis pas du tome pour construire du tome. Mon histoire se raconte en trois parties. Je connais les événements, les personnages, de chacune d'entre elles, je sais où je veux aller, comment je souhaite la terminer. C'est juste une très longue histoire que j'ai à raconter !






Auriez-vous des conseils d'écriture pour nos jeunes débutants ?

N'imitez pas. Trouvez votre style. Ne cédez pas aux modes. Si vous aimez écrire des thrillers glauques avec des cadavres dans tous les coins, ne vous forcez pas à écrire une new romance parce que c'est ce qui marche en ce moment. Restez vous-mêmes.
Ne vous contentez jamais du premier jet. Le premier jet, c'est toujours pourri. Relisez, retravaillez, laissez vivre vos personnages, laissez-les vous surprendre, laissez-les fiche en l'air tout ce que vous aviez planifié, ils sont vivants.
Mais surtout, n'écrivez jamais pour être publié, pour devenir un best-seller, pour en vivre (ce qui ne vous empêche pas de le rêver quand même). Écrivez parce que vous éprouvez du plaisir à le faire.
Je vous reconseille la lecture des mémoires de Stephen King dans ce domaine. Outre le fait qu'elles sont plaisantes à lire, pleines d'humour, elles fourmillent d'excellents conseils.







Un petit mot pour la fin ?

Un immense merci de m'avoir accordé cette interview et de ton intérêt pour les auteurs auto-édités. C'est toujours un réel plaisir d'échanger avec des passionnés. Je souhaite une très longue vie à ton blog.





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