19 août 2015

Interview #5 - Alice Quinn




Pour commencer, pouvez-vous nous faire une petite présentation rapide pour ceux et celles qui ne vous connaissent pas encore ? (D'où vous venez, les études faites, etc.)
Bonjour j’ai eu un parcours assez chaotique avec au passage des études aux arts déco de Nice. Comme je venais d’un milieu modeste, j’ai fait un peu tous les métiers pour gagner ma vie pendant pas mal de temps. Serveuse, ouvreuse de cinéma, animatrice de radio libre, etc.
J’ai aussi été décoratrice pour le cinéma, j’ai réalisé quelques courts métrages, et c’est quand j’ai voulu passer au long métrage , devant les échecs répétés de mes producteurs à monter mes films, que j’ai transformé mes scénarios de longs métrages en romans.
C’est ainsi que j’ai été éditée pour la première fois et que je suis devenue romancière.
Le dénominateur commun était le désir de raconter des histoires.
Par la suite, comme l’écriture ne me nourrissait pas, j’ai repris mes boulots divers et variés et j’ai continué à écrire. Principalement des romans policiers et fantastiques pour les adolescents.
C’est suite à quelques déboires récents avec mon dernier éditeur que j’ai levé le pied quelque temps, pour mieux rebondir en auto-édition numérique. En auteur indé comme on dit.
J’ai sorti de mes tiroirs un de mes romans qui avait été refusé quelques mois auparavant par un éditeur, j’ai bricolé ma couverture, trouvé un titre définitif, pris un nom de plume et je me suis lancée dans cette aventure géniale.
La chance était au rendez-vous.
Ce roman, Un palace en enfer, a été numéro 1 des ventes numériques France en 2013, devant Lévy, Musso et même Fifty nuances of grey ! Quelle jubilation!
D’accord ce n’est pas le marché papier, mais quand même je n’étais pas peu fière !
Quel est votre univers livresque ?
En tant que lectrice j’aime des choses très différentes, on peut dire que j’aime tout, à part la science fiction pure et dure. Je suis une grande lectrice. Une grande cinéphile aussi.
Entre deux livres trop durs ou trop sérieux, j’aime me détendre avec des comédies genre Donald Westlake, Liza Cody ou les écrivains nordiques de comédie.

Qui vous a donné l'envie d'écrire à votre tour ? Quel est votre objectif lorsque vous écrivez ? (Donner du plaisir, vous évader, faire partager, etc.)
J’ai toujours raconté des histoires et l’écriture en est le passage obligé, quel que soit le médium choisi.
Mon objectif premier lorsque j’écris la série des Rosie Maldonne est de me faire du bien. Je veux rire, sourire, oublier mes soucis, me donner de l’énergie pour continuer ma vie dans le réel.
J’ai constaté après avoir écrit le premier tome de Rosie Maldonne pour cette raison, que les lecteurs qui ont aimé le livre y avaient trouvé la même chose que moi. Les commentaires qui revenaient le plus étaient : « un roman qui donne la pêche, qui fait rire, qui donne du courage, qui fait voir la vie en rose ».
Mon objectif d’auteur pourrait se résumer ainsi : « Plutôt mourir que d’ennuyer le lecteur ! »
Ce qui m’entraîne parfois dans quelques excès burlesques et peu réalistes. Mais j’assume.

Comment s'est déroulé l'écriture du roman (ou des romans) ?
C’était un rendez-vous, le plus quotidien possible, avec un moment de rigolade. Tout allait mal dans ma vie à l’époque, de façon assez dramatique, et j’ai décidé du jour au lendemain, qu’il fallait que j’arrête de me plaindre, et que je passe de bons moments à rire en écrivant comme si tout était formidable dans ma vie. Et ça marchait. Je riais. J’oubliais tout. Je passais de bons moments.
Au début il a fallu que je décide bien sûr du choix de mon héroïne. Quelles étaient à mes yeux les principales qualités d’une héroïne ?
Sans hésiter, j’ai répondu: le courage, l’humour et la générosité.
Et puis je me suis demandé quelles étaient les vraies héroïnes de nos jours. Là aussi, sans hésiter j’ai su qu’il s’agissait des mamans mono-parentales. Mais comment faire un livre avec ça sans sentimentalisme ?
Surtout que j’aime bien les personnages de losers. Oui mais si j’en faisais une vraie loseuse, j’allais pleurer tous les jours. Et je voulais rire !
J’ai inventé ce nouveau genre : la loseuse-winneuse ! :-D
C’est Rosie !

Vous imposez-vous un rythme d'écriture ou écrivez-vous quand l'inspiration est là ?
Je ne m’impose pas un rythme mais je m’impose d’écrire quand je me libère un espace temps pour ça. Mon emploi du temps est encore trop chargé, et j’aspire à limiter mes obligations à la seule écriture. L’an prochain peut-être ?

Quel a été votre parcours en ce qui concerne les maisons d'éditions ?
J’ai eu de la chance avec mes éditeurs. La plupart de mes romans trouvaient un éditeur. Mais dans l’ensemble, je n’étais pas vraiment heureuse dans ce milieu. Je le trouve assez snob, très parisien, (je suis une provinciale même si j’adore Paris) et je ne m’y suis jamais vraiment sentie à ma place. J’avais sûrement un sentiment d’imposture dû à mes origines. C’est un milieu qui vous le fait bien sentir.
Bref, je me sens plus à l’aise maintenant.

Comment avez-vous vécu l’enthousiasme des premiers lecteurs ? Le retour des critiques, positives comme négatives.
Les critiques négatives me faisaient mal, parfois je n’en dormais pas la nuit. Heureusement qu’il y avait énormément de bons commentaires. Alors là, c’est merveilleux. Surtout d’être en si parfaite communion avec ce qui est écrit. Les gens qui ont aimé mon livre y ont repéré exactement ce que j’y avais mis. Ils ont percuté sur mon humour et y ont trouvé comme moi de quoi prendre la vie à bras le corps. Comme le fait mon personnage, Rosie.
Sentir qu’on fait du bien aux lecteurs, quel bonheur !

Comment s'est passé le choix de la couverture du roman ? Y avez-vous participé ? Si non, qu'auriez-vous changé ?

J’ai commencé par bricoler une couverture moi-même en faisant des photos.
Le deuxième mois, avec l’argent généré par les ventes j’ai sollicité les talents d’une graphiste : http://orangevif.com/, et nous y avons travaillé ensemble, j’avais une demande assez précise :
- une silhouette dessinée pour rendre l’esprit « chick-litt » bien que mon roman soit plutôt de la chick-litt détournée.
- les couleurs rouge et noir, pour identifier immédiatement le polar présent dans le texte.
- un petit côté pin-up rétro pour le côté années 50 entre Audiard, Exbrayat, Carver et Alice détective.
J’ai découvert l’autre jour à Londres dans une librairie que la couverture de Joyland de Stephen King en sortie anglaise était carrément une pin-up des années 50. Super couverture.
La couverture a eu pas mal de succès puisque pour la sortie papier en version française par Michel Lafon et pour la sortie en langue anglaise par AmazonCrossing, la silhouette de Rosie Maldonne a été reprise. Il sort en version anglaise en mai sous Kindle First et en juin tous pays anglophones, papier et kindle, sous le titre Quenn of the trailer park.

Si vous pouviez donner vie à l'un de vos personnages, lequel choisisseriez-vous et pourquoi ?
Rosie. Sans hésiter.
Parce que c’est déjà ma meilleure amie. J’ai besoin de sa fraîcheur et de son courage.
Il m’arrive souvent dans la vie, quand j’ai des scrupules, que je n’ai pas confiance en moi ou que je me demande si je fais bien, de lui poser la question directement. Qu’en pense-t-elle ? Elle me répond toujours et je suis ses conseils.

Sur quel projet êtes-vous en ce moment ?Je viens de terminer de tome 2.
Je travaille avec la traductrice en anglais sur la version du Rosie 2 anglais, qui s’appellera peut-être Reine de la Planque.
Il sortira certainement entre octobre et décembre 2015. Ça ne dépend pas de moi.
Et j’ai commencé l’écriture du tome 3

Auriez-vous des conseils d'écriture pour nos jeunes débutants ?
Pour commencer, lire énormément.
Et puis il faut se lancer. Il faut écrire. Il faut noter toutes ses idées. Partout. Tout le temps. Avancer dans les pages, les scènes, les chapitres... Après seulement on s’arrête, on souffle et on relit.
Mais pour mieux reécrire et relire et reécrire.
Quand on aime ça c’est automatique. Si on n’aime pas, il faut faire autre chose.

Un petit mot pour la fin ?
Mon mot de la fin, c’est ma gratitude.
Je remercie ce personnage qui m’habite et dont je ne sais pas très bien d’où il vient. Je remercie mes lecteurs, ceux qui comprennent et qui aiment ma Rosie. Je remercie les personnes chaleureuses et généreuses dont j’ai croisé la route depuis que j’ai sorti ce roman. Je remercie la vie. Je remercie mon cerisier pour ses fleurs et mon chat pour ses câlins... C’est sans fin, justement...
Et merci à vous, Audrey, pour cette tribune...




Encore merci pour ce temps accordé et à très bientôt !

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