1 juil. 2015

Interview #4 - Octavie Delvaux




Après avoir dévoré les romans d'Octavie Delvaux ( Sex in the Kitchen & Sex and the TV), elle a accepté de consacrer une partie de son temps pour répondre à ma curiosité. Voici donc pour vous, l'interview de cette auteure à la plume unique !



Avant toute chose, je vous remercie infiniment d'avoir accepter cette interview, de prendre le temps de lire et répondre à mes questions ! Je suis extrêmement touchée.



Pour commencer, pouvez-vous nous faire une petite présentation rapide pour ceux et celles qui ne vous connaissent pas encore ? (D'où vous venez, les études faites, etc.)

Je suis née en France mais j’ai beaucoup voyagé étant enfant et adolescente. Puis j’ai fait des études d’Histoire et de langues à la Sorbonne. Je me suis spécialisée dans la recherche sur des manuscrits médiévaux rares. Pas grand-chose à voir avec l’érotisme, quoi que… Déjà à l’époque, j’ai travaillé sur un ouvrage de gynécologie et d’obstétrique du XVème siècle avec, en creux, beaucoup de questions sur la sexualité et la condition féminine.



Quel est votre univers livresque ?

J’ai lu mes classiques, certains avec passion, notamment Zola, Sweig, et Hamsun. Aujourd’hui je dirais que mes lectures suivent plus ou moins l’actualité littéraire, je pioche ce qui m’interpelle parmi les sorties en effectuant un tri selon mes goûts. Je lis quasi-exclusivement des romans (j’aime qu’on me raconte des histoires !), et je ne suis pas amatrice de polars, de SF, d’héroïque fantasy, de BD. A part ça, je peux me laisser tenter par de nombreux sujets. Pour vous donner une idée, mes dernières lectures furent : Le fils de Philipp Meyer, Soumission de Houellebecq, Goat Mountain de David Vann, Pas Pleurer de Lydie Salvayre.
On aura noté que je ne lis quasiment plus de littérature érotique, j’ai remarqué que cela parasitait trop mon travail d’écriture.


Qui vous a donné l'envie d'écrire à votre tour ? Quel est votre objectif lorsque vous écrivez ? (Donner du plaisir, vous évader, faire partager, etc.)

Difficile à dire, je ne crois pas qu’un auteur en particulier m’ait donné envie d’écrire, ou alors ce sont tous ceux cités précédemment pour leur verve, leur intelligence et leur perspicacité.
Mes objectifs quand j’écris dépendent un peu du type d’ouvrage que je suis en train de rédiger. Pour Sex in the kitchen et Sex and the TV, qui sont des livres de distraction pure et assumée, je vise avant tout le plaisir et l’évasion du lecteur. Je veux qu’il rie, qu’il frissonne, qu’il doute à l’unisson avec mes personnages. J’essaie de faire en sorte qu’il se prenne d’amitié pour eux. Il n’y a pas vraiment de technique pour cela. Je crois qu’il suffit d’aimer ses personnages et de faire en sorte que cela se ressente pour que le lecteur les aime à son tour.


Comment s'est déroulé l'écriture du roman (ou des romans) ?

La rédaction de Sex in the kitchen a duré un an, celle de Sex and the TV aussi. Bien sûr pas un an d’écriture quotidienne à raison de plusieurs heures par jour. J’écris plutôt vite quand je me mets devant l’ordinateur, mais j’ai besoin de laisser mûrir les idées entre deux plages de travail. Pour les deux romans j’ai travaillé en suivant un synopsis détaillé préalablement rédigé. C’est à mon avis la méthode la moins « casse-gueule », même si, parfois, en cours de rédaction, je m’éloigne plus ou moins du fil d’Ariane. L’important est de toujours savoir où je vais et pourquoi. Quant à mon état d’esprit il était très joyeux pour Sex in the kitchen. J’étais dans l’euphorie du premier roman mais j’étais aussi traversée par des doutes, comme c’est le cas, je pense, pour de nombreux auteurs. Pour Sex and the TV, les périodes de découragements furent plus nombreuses, j’étais plus tendue, j’avais une pression supplémentaire sur les épaules : ne pas décevoir les lecteurs du premier. J’avais peur de ne pas être à la hauteur de leurs attentes, de me répéter etc… Mais finalement, j’ai mené le projet à bien, et j’ai été satisfaite du résultat. Aujourd’hui, je dirais même que Sex and the TV est un peu meilleur que Sex and the kitchen.


Vous imposez-vous un rythme d'écriture ou écrivez-vous quand l'inspiration est là ?

Oui, je m’impose un planning d’écriture, selon les deadlines établies avec mon éditeur. Je ne le respecte pas toujours scrupuleusement, mais j’arrive toujours plus ou moins à retomber sur mes pattes.


Quel a été votre parcours en ce qui concerne les maisons d'éditions ?

J’ai envoyé un premier recueil de nouvelles il y a 8 ans à certain nombre de maisons d’édition. Il a été refusé de partout, une seule m’a renvoyé une note de lecture pour m’expliquer son refus. Une fois l’amertume de la déception passée, cela m’a été salutaire, j’ai pris en compte les critiques. J’ai amélioré ma plume, et c’est par le biais de nouvelles que j’ai mis le pied chez La Musardine. Ils en ont accepté une, puis deux, puis trois. Tout s’est enchainé très vite, jusqu’à ce qu’ils me proposent d’écrire un roman.



Comment avez-vous vécu l’enthousiasme des premiers lecteurs ? Le retour des critiques, positives comme négatives.

L’enthousiasme des premiers lecteurs m’a fait bondir de joie. J’étais un peu abasourdie, complétement même. Mon travail d’auteur me satisfaisait, autrement je n’aurais pas livré le manuscrit à mon éditeur, mais il y a un fossé entre la satisfaction personnelle et celle du lectorat… Quant aux critiques, elles m’ont fait mal au début, mais rares sont celles qui m’ont surprise. Je savais que je n’avais pas écrit un livre grand public, je savais que j’avais osé des choses qui pouvaient être assimilées à de la vulgarité, voire de la pornographie. En somme, je savais que Sex in the kitchen serait clivant : soit on adhérait à l’univers de ces nanas déjantées et on adorait, soit on n’adhérait pas et on détestait. Et c’est à peu de choses près ce qui s’est produit.


Comment s'est passé le choix de la couverture du roman ? Y avez-vous participé ? Si non, qu'auriez-vous changé ?

Oui, j’ai participé au choix de la couverture. L’idée du Vichy était là depuis longtemps, avant même que le roman soit écrit. On était d’accord sur le fait de ne pas mettre de photo. On voulait quelque chose de plus jeune, plus girly. Les ombres chinoises se sont imposées très vite, en revanche on a un peu galéré pour les trouver. Au départ, on m’avait proposé différentes silhouettes de femmes alanguies, je ne trouvais pas cela assez dynamique. Mais quand l’éditeur a eu l’idée des deux silhouettes : la femme chassant l’homme avec son rouleau à pâtisserie, j’ai adoré.


Si vous pouviez donner vie à l'un de vos personnages, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

D’une certaine manière, les filles existent déjà, car je me suis pas mal inspiré de mes copines et de moi-même (en grossissant le trait, tout de même !). Au niveau des garçons, je donnerais bien vie à Boris, le soumis sexuel légionnaire. Il me semble que je saurais en faire bon usage…


Sur quel projet êtes-vous en ce moment ?

En ce moment je travaille sur un guide Osez, ainsi que sur le troisième volume de Sex and the kitchen.




Auriez-vous des conseils d'écriture pour nos jeunes débutants ?

Ne pas se décourager aux premiers refus, prendre en compte les critiques, même quand elles font mal ou nous semblent injustes. Les éditeurs savent ce qu’ils disent, c’est leur métier. Quand on est un auteur en herbe, on croit tout savoir, être la réincarnation de Proust, celui qui va révolutionner la littérature contemporaine… Mais le plus souvent, on a tort !


Un petit mot pour la fin ?

Lisez mes livres, ils sont faits pour ça !





Encore merci pour ce temps accordé et à très bientôt !



Vous pouvez retrouver l'auteure chez La Musardine, mais aussi sur son site internet, facebookTwitter

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